Roméo Elvis : le "fantasme" du premier album solo

Roméo Elvis : le "fantasme" du premier album solo©Robin Psaila, Abaca

Solène Filly, publié le 12 avril

Le rappeur belge sort son premier album solo, "Chocolat", le 12 avril 2019. Car s'il s'est fait connaître avec un autre disque, "Morale 2" en 2017, il s'agissait alors d'un duo avec l'artiste Le Motel.

Roméo Elvis est un habitué des collaborations. Que ce soit avec Lomepal, avec lequel il a enregistré 1 000 degrés ou sa soeur, Angèle, qu'il accompagne sur le titre Tout oublier. Alors s'il signe son premier effort solo avec "Chocolat", il a su très bien s'entourer : on retrouve M sur la chanson Parano, mais aussi le leader de Blur et Gorillaz, Damon Albarn, sur Perdu. Mais cet album, il l'a façonné lui-même, comme il l'explique au Parisien : "C'était un fantasme. Jusque-là, j'avais sorti des disques avec Le Motel qui était un producteur. Là, j'ai tout contrôlé, imaginé, écrit."

"Toujours aussi rap et street"

Avec "Chocolat", il reste fidèle à ses premières amours. À 20 Minutes, il explique que si Malade est son morceau "le plus pop", il est "toujours aussi rap et street dans (s)on esprit". Il fait alors la part belle à l'egotrip, un style qu'il partage avec "Caballero, JeanJass, Lomepal", qui selon lui fait partie du rap comme "parler de cul" ou "le virilisme".

À travers ses textes, il dénonce aussi la politique de son pays natal et son passé colonialiste. "Je m'attaque aux failles de la Belgique, notre histoire avec les colonies qui n'est pas citée dans les écoles, et le présent du pays sur l'immigration. Dans ma famille, des gens ont travaillé au Congo. Je me sens lié à cette histoire. D'une manière ou d'une autre, on est tous concernés", indique-t-il à Libération.

Pas de place pour la jalousie

Dans ses textes, il est aussi question de succès, comme dans Solo, où il lance "des fois je suis jaloux du succès des autres". Et pour cause, il est entouré d'artistes très talentueux, comme Angèle. "C'est vraiment difficile de ressentir de la jalousie quand c'est ta soeur. Génétiquement, je crois que c'est presque impossible. Au contraire, ça me motive quand je vois tous ses Zénith remplis," confie-t-il à 20 Minutes.

Même discours au sujet de son ami, Lomepal : "Je vais peut-être plus me dire 'est-ce que je suis aussi fort que lui ?' (...) Alors que c'est débile ! On est vraiment de très bons amis." L'avenir semble en tout cas radieux pour Roméo Elvis : son concert au Zénith de Paris le 19 avril est complet, il est à l'affiche d'une multitude de festivals cet été et une date à l'AccorHotels Arena en mars 2020 est même déjà prévue. Mais l'artiste de 26 ans garde les pieds sur terre. Au Parisien, il déclare : "Je suis toujours étonné qu'on me connaisse. (...) Et je tiens à cet état d'esprit d'outsider. C'est une garantie de modestie."

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