Juliette Gréco s'en est allée, retour sur ses plus grandes interprétations

Juliette Gréco s'en est allée, retour sur ses plus grandes interprétations©00278274_000012, BestImage

, publié le 24 septembre

L'envoûtante Juliette Gréco nous a quitté mercredi 23 septembre 2020. La muse de Saint-Germain-des-Prés avait 93 ans et rejoint désormais tous ses amours : Philippe Lemaire, Michel Piccoli, Gérard Jouannest et Miles Davis.

Comme l'a annoncé la famille de Juliette Gréco à l'AFP, la chanteuse est décédée à l'âge de 93 ans mercredi 23 septembre 2020 "entourée des siens dans sa tant aimée maison de Ramatuelle. Sa vie fut hors du commun". L'enfant du Sud et fille adoptive du tout Paris de l'après-guerre laisse derrière elle une longue carrière marquée par des interprétations fascinantes, tant pour ceux qui l'écoutaient que pour ceux qui écrivaient pour elle.

"La belle mort que voilà - La garce !"

Après 70 ans de carrière, Juliette Gréco a envoûté ses fans jusqu'en 2015, quand elle a pu leur dire "Merci !" avec sa tournée reportée puis avortée par un accident vasculaire cérébrale. La Jolie môme a sublimé des textes de Léo Ferré, Serge Gainsbourg ou Jean-Paul Sartre, et magnifié les oeuvres de Jean Cocteau ou Jean-Pierre Melville.

Le regard dessiné en noir, le sourire malicieux, elle interprétait le fantomatique Belphégor de Claude Barma, mais ce sont avant tout ses textes qui ont conquis par leur douceur, et leurs souvenirs. Juliette Gréco qui chantait Déshabillez-moi en 1967, a clairement su se faire convoiter. Et c'est bien "sous le ciel de Paris, jusqu'au soir" qu'elle chantait de sa voix douce, chaleureuse et pleine de vie. Elle interpellait aussi en 1947 sur un texte deRaymond Queneau et une musique de Joseph Kosma Si tu t'imagines, et "de tous les bonheurs, allons cueille cueille si tu le fais pas". La vie "hors du commun", elle l'a bien cueilli comme un bouquet jusqu'au bout.

Je suis comme je suis chantait Juliette Gréco pour Jacques Prévert, elle a aussi dansé et chanté La Javanaise pour Gainsbourg en 1963. Son flegme et son magnétisme en ont donc inspiré plus d'un, à Saint-Germain-des-Prés notamment. Et aujourd'hui, ceux qui aimaient l'écouter peuvent s'émouvoir en se repassant le titre À la mort de Juju : "(elle) aussi, elle était là - Immobile et très lasse - Dans cette farce - Crachant sur l'au-delà - La belle mort que voilà - La garce !"

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