Décès d'Anne Sylvestre : retour sur 3 chansons inoubliables

Décès d'Anne Sylvestre : retour sur 3 chansons inoubliables©Nicolas Roses, Abaca

, publié le 2 décembre

Anne Sylvestre, chanteuse, auteure-compositrice-interprète, s'est éteinte le lundi 30 novembre 2020, à l'âge de 86 ans. Celle à qui on doit notamment les célèbres "Fabulettes" aura marqué plusieurs générations avec quantité de chansons pour enfants, et marqué les esprits avec ses engagements pour la cause féministe et la défense des opprimés. Retour sur trois titres inoubliables de cette artiste hors normes.

Le 30 novembre dernier, Anne Sylvestre a été emportée par un AVC. Principalement connue du grand public grâce à ses chansons destinées aux enfants, la chanteuse était également une féministe très engagée qui faisait souvent usage de sa plume pour parler des inégalités et dénoncer certains sujets de société. Portrait de cette femme d'exception à travers trois de ses chansons qui resteront dans les mémoires.

Une sorcière comme les autres : un hymne féministe tout en délicatesse

En 1975, Anne Sylvestre signe un vibrant hommage à la condition féminine avec Une sorcière comme les autres. Une chanson à la fois puissante et délicate, qui donne son nom au onzième album de la chanteuse, et qui inspirera le mouvement féministe, qui adoptera la figure de la sorcière dès l'année suivante, notamment à travers la création de la revue Sorcières. Tout en finesse et d'une voix empreinte de douceur, Anne Sylvestre dénonce avec ce texte le mépris des hommes envers les femmes : "Vous m'avez aimée servante, m'avez voulue ignorante. Forte, vous me combattiez. Faible, vous me méprisiez. Vous m'avez aimée putain (...) Quand j'étais vieille et trop laide, vous me jetiez au rebut, vous me refusiez votre aide, quand je ne vous servais plus."

Non, tu n'as pas de nom : un cri du coeur en faveur du droit à l'avortement

En 1974, l'année qui précède la légalisation de l'avortement en France par la loi Veil, Anne Sylvestre chante ce qu'elle décrit dans l'ouvrage "Concordance des temps : dialogues radiophoniques" paru aux éditions Nouveau Monde en 2005, comme étant "une chanson sur l'enfant ou le non-enfant". Pour beaucoup, ses paroles ont permis de mettre des mots sur un sujet qui était alors encore souvent considéré comme tabou.

Les gens qui doutent : Anne Sylvestre chante pour celles et ceux qui n'osent pas

Issue de son album de 1977 intitulé "Comment je m'appelle", la chanson Les gens qui doutent d'Anne Sylvestre est dédiée aux timides, aux discrets à tous ceux qui prennent le temps de réfléchir même s'ils "passent pour des cons" et critiquent ceux qui foncent tête baissée pour atteindre leur but, quitte à ne pas envisager les conséquences de leurs actes. Une chanson très appréciée, notamment reprise par Jeanne Cherhal et Vincent Delerm.

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