Charlie Hebdo : l'hommage de Johnny Hallyday fait polémique

Charlie Hebdo : l'hommage de Johnny Hallyday fait polémique©Getty Images

Clara Lemaire, publié le 7 janvier

Pour rendre hommage aux victimes des attentats de janvier 2015, Johnny Hallyday se produira ce dimanche, place de la République, à Paris. Un choix qui n'est pas du goût de tout le monde.

Entre le 7 janvier et le 9 janvier 2015, 17 personnes sont décédées dans d'une série d'attaques terroristes ayant frappé le journal satirique Charlie Hebdo, une policière de Montrouge et le magasin Hyper Cacher. Trois jours de terreur qui ont laissé la France en émoi, et qui ont suscité une vague de solidarité entre les Français. Presqu'un an jour pour jour après la marche place de la République qui avait regroupé deux millions de personnes le 11 janvier 2015, la mairie de Paris a décidé d'inviter le chanteur Johnny Hallyday en ce même lieu pour commémorer les disparus. Simplement accompagné d'un guitariste, l'artiste de 72 ans a prévu d'interpréter sa chanson Un dimanche de janvier, écrite par Jeanne Cherhal. "Des millions de regards / Et de larmes à peine essuyées / Des millions de pas sur les boulevards / Un dimanche de janvier", chante-t-il sur une musique de Yodelice. Composée juste après la marche citoyenne qui avait ému le chanteur, ce choix paraissait donc évident pour les organisateurs de la cérémonie.

Pourtant, même si l'interprète de Que je t'aime est connu pour être un artiste fédérateur, il ne fait pas l'unanimité auprès des proches de Charlie Hebdo. C'est le cas du dessinateur Siné, ancien membre de la bande, qui exprime son incompréhension dans un article publié sur son site internet. "Charb détestait Johnny Hallyday" commence-t-il par écrire sans détours, "et c'est précisément à lui que nos 'autorités' on fait appel pour pousser la chansonnette en son honneur : quand il y a une connerie à faire, on peut compter sur nos responsables, ils ne la ratent jamais !" s'indigne-t-il . "De son vivant, c'est le seul qui avait eu le courage de demander "l'Internationale" à son enterrement" continue encore le dessinateur, "ce qui avait quand même une autre gueule qu'une mélopée éculée bafouillée dans un micro par un vieux réactionnaire". Des propos sans filtres, mais qui dénoncent selon lui un "acharnement venimeux" et de "l'obstination mortifère" : "Arrêtez la boucherie ! Un peu de respect, nom de Dieu !" s'insurge Siné.

Certains médias comme Les Inrocks ne manquent également pas de rappeler les différentes Unes de Charlie Hebdo consacrées à l'idole des jeunes. Des dessins mordants comme à l'accoutumée, qui montrent le chanteur sous un angle peu flatteur. Car même s'il les inspirait, l'équipe de Charlie ne le portait pas vraiment dans son coeur : Cabu le premier ne manquait pas une occasion pour égratigner le rockeur : "50 ans qu'il nous vérole les tympans !" disait-il, ou bien encore "Toute la musique que j'aime, elle vient de là, elle vient du flouze", à propos de son exil fiscal en Suisse. "Voleur comme un Français. Con comme un Belge. Chiant comme un Suisse", titrait Charb sur un dessin d'une autre Une. Du côté de Johnny, pas de doutes, tout est pardonné.

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