Benjamin Biolay : "Henri Salvador m'a cassé les couilles"

Benjamin Biolay : "Henri Salvador m'a cassé les couilles"©Jordi Vidal, Getty Images
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Sébastien Jenvrin, publié le 8 avril

A l'occasion de la sortie de son nouvel album Palermo Hollywood, l'interprète de La Superbe est revenu sur sa brouille avec Henri Salvador après leur collaboration sur Chambre avec vue (2000).

Le 22 avril prochain, Benjamin Biolay marquera son grand retour avec Palermo Hollywood, son septième album studio, qui paraît 15 ans après son premier essai, Rose Kennedy (2001). A l'époque, l'auteur-compositeur-interprète savait déjà ce qu'il voulait. "Benjamin était timide, réservé, mais j'ai vite compris qu'avec lui ce ne serait pas facile", se souvient son directeur de promotion de l'époque, Marc Maréchal, dans un article paru cette semaine dans L'Obs. Déjà sûr de ses choix artistiques, le jeune Biolay a influencé la décision finale pour la pochette, qui met en avant son apparence de dandy, et le premier single, refusant le tube Los Angeles pour la ballade bien moins radiophonique Les Cerfs-volants. Dans les colonnes de l'hebdomadaire, Benjamin Biolay explique aujourd'hui : "Si j'avais commencé par un tube, je me serais fait baiser, j'aurais été obligé de refaire à vie ce qu'on attendait de moi." Cela ne l'a pas empêché de remporter l'année suivante une première Victoire de la Musique, dans la catégorie "Album découverte de l'année".

Un an avant Rose Kennedy, le jeune dandy avait déjà grandement contribué, aux côtés de Keren Ann, au retour réussi d'Henri Salvador avec Chambre avec vue, également récompensé par deux Victoires de la Musique. Déjà la tête sur Rose Kennedy au lendemain de cette collaboration, le chanteur n'a pas assisté au lynchage médiatique d'un Salvador plus enclin à saluer le travail de Keren Ann que celui de "ce petit con de Biolay". "On cosignait tout avec Keren Ann, mais je faisais l'essentiel du travail. Grâce à moi il a renoué durablement avec le succès, mais au lieu de me remercier, il m'a cassé les couilles, se souvient aujourd'hui l'interprète de La Superbe dans les pages de L'Obs. J'ai répliqué en le traitant de gros connard. Je savais que les gens se demanderaient qui était ce merdeux qui insultait Salvador. Mais c'était le seul moyen de faire comprendre que si je pouvais me le permettre, c'est que j'étais l'auteur des chansons."

Seize ans plus tard, Benjamin Biolay s'est forgé une réputation de bosseur acharné et d'auteur-compositeur-arrangeur de génie. Pas sûr qu'Henri Salvador en avait bien conscience à l'époque.

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