3 artistes engagés pendant Mai 68

3 artistes engagés pendant Mai 68©JLPPA, BestImage

Fabien Gallet, publié le 3 mai

À l'occasion du 50e anniversaire des événements de mai-juin 1968, focus sur trois artistes qui se sont engagés, à leur manière, pour défendre leurs idéaux et soutenir les grévistes.

Alors que les plus grands succès musicaux de l'époque n'ont pas grand chose de contestataire (Le Bal des Laze de Michel Polnareff ou Siffler sur la colline de Joe Dassin), dans la rue, certaines figures de la chanson prennent part au mouvement social à coup de fibre artistique. La preuve par trois.

Jacques Higelin à l'assaut de la Sorbonne

Âgé de 28 ans lors des événements de Mai 68, le grand Jacques disparu le 6 avril 2018, s'illustre depuis plusieurs années déjà comme acteur. Mais dès 1964, l'artiste se lance dans la musique. Quatre ans plus tard, Jacques Higelin, très engagé, installe son piano à La Sorbonne et y livre "une musique qui sortait des sentiers battus (et) reflétait la révolte de la jeunesse des années 68", ce qu'expliquait Alain Cyroulnik, fondateur de la Jeunesse communiste révolutionnaire, dans un article paru sur le site Médiapart. "50 ans après 68, nous entendons toujours ses notes de musique dans la cour de la Sorbonne, nous entretiendrons sa joie et ses combats", concluait-il.

Renaud a signé l'un des "hymnes" de Mai 68

Alors qu''il fête ses 16 printemps, le jeune Renaud Séchan participe activement aux manifestations. Avec son frère, il vivra ainsi pendant trois semaines dans la Sorbonne alors occupée. Il en profite pour écrire la petite chanson contestataire Crève salope !. "J'interprète ma chanson dans un des amphis bondés de la Sorbonne. On applaudit, on me réclame la musique, les paroles (...) et quelques jours plus tard, j'apprends que Crève salope ! est reprise dans les lycées occupés et dans plusieurs universités. D'une outrance affligeante, ma chansonnette n'en devient pas moins un des hymnes de Mai 68", se souvenait le chanteur dans son autobiographie parue en 2016.

Léo Ferré : une voix contestataire

Le 10 mai 1968, peu avant la première nuit des barricades au Quartier latin de Paris, Léo Ferré croise la route de quelques jeunes engagés. "Quand ils m'ont demandé d'aller avec eux, je leur ai expliqué que je ne pouvais pas (...). C'est la première fois que je voyais le drapeau noir dans les rues. C'est fantastique ça...", confiera-t-il plus tard à France Culture. S'il n'est pas descendu manifester dans les rues, c'est parce qu'il devait se produire au traditionnel gala donné à la Mutualité en soutien au journal Le Monde Libertaire, auquel il participe depuis 1948. L'interprète de Ni Dieu ni Maître y chante alors pour la première fois la chanson Les Anarchistes. Le 20 avril 2018, 50 ans après, ce concert emblématique est disponible dans un coffret baptisé "Léo Ferré Mai 1968".

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