EMINEM "Revival"
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23 décembre 2017

EMINEM "Revival"

EMINEM "Revival"

Le rappeur virtuose continue à forger sa légende sur son neuvième album studio.

publié le 23 décembre

EMINEM se réinvente : multiple, complexe, autoréférent, son 9ème album studio force une nouvelle fois le respect.

Ne pas se fier au tracklisting : ce n'est pas par la brochette d'invités pop haut de gamme réquisitionnés qu'Eminem réussit son coup cette fois. Ni à vrai dire par la musicalité des titres.

Mais par ce qui constitue depuis les années 2000 son ADN, sa marque de fabrique.
A savoir : des textes. Des textes offensifs, denses, percutants. Sur l'état d'une Amérique toujours gangrénée par l'affrontement noir-blanc par flics interposés (Untouchable). Des textes qui plaident pour renouer avec les Etats-Unis qu'on aime, pas la superpuissance débile incarnée par son actuel clown triste de président (Like Home). Les confessions d'un « Dieu du rap » adulé, reconnu par tous comme l'icône absolue du genre, mais guetté tout simplement par la maladie du temps qui passe, le besoin d'humilité qui rime après tout - en chacun de nous, star ou anonyme - avec humanité (Walk On Water).


Démons, délires, rage de dire

Eminem n'est pas un personnage, il n'a pas dérivé vers sa propre caricature : c'est un créateur, un rimeur forcené, obsessionnel, avec ses démons, ses délires, sa rage de dire. Comme les artistes des autres disciplines, c'est un homme tiraillé entre son œuvre, sa légende, et les errements, les incomplétudes de sa vie de simple mortel. Revival, c'est une manière encore de refaire l'histoire du mec. En témoignent de nombreuses références à des actes passés. Les couplets sont référencés, légendés comme en hypertexte. Avec ici ou là des aveux de faiblesse, des excuses tout sauf plates, celles d'un mari ou d'un père pas vraiment à la hauteur du rappeur (Bad Husband, Castle).

Il sait se la jouer, mordre, donner des leçons, baisser les yeux aussi sur le même disque... sans oublier de "défoncer" la concurrence sur un titre à tiroirs, construit en plusieurs reprises comme une ligne droite de F1 ou un combat de boxe (Offended). P... de phrasé.

Coups de sang irrésistibles

On ne s'attardera donc pas sur les effets pop sucrés « tête de gondole » (Beyonce, Pink, Ed Sheeran & co..., juste là pour être stickés sur une pochette). Ce qui fait la force d'Eminem, une fois encore, ce sont ses thèmes, sa rhétorique, son talent pour intercaler, faire s'entrechoquer des points de vue ou des époques, ses coups de sang irrésistibles. Bien présents sur ce Revival, qui s'avère tout simplement un nouvel avatar du Maître.
Car en terme de psychologie ou de mise en scène, l'interessé se situe très nettement au-dessus, au-delà du noyau dur des rappeurs. Et toujours - il aurait fallu commencer par là - cette maîtrise vocale bluffante. Pour tout ça : Respect, Mr Mathers.

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