Unknown Mortal Orchestra : trois bonnes raisons d'écouter "Multi-Love"

Unknown Mortal Orchestra : trois bonnes raisons d'écouter "Multi-Love"©Jagjaguwar, DR

Sébastien Jenvrin, publié le 25 mai

Le trio psychédélique emmené par Ruban Nielson revient avec un troisième essai encore plus fort intitulé Multi-Love (2015). Un disque au funk tordu, aussi désespéré que dansant.

1. Pour ses textes sur l'amour désenchanté

En 2013, sur l'album II, Ruban Nielson chantait la solitude de nos sociétés hypermodernes. Sur Multi-Love, qui sort ce lundi 25 mai, le propos n'est guère plus heureux puisque le Néo-Zélandais s'attaque à la thématique de l'amour contrarié. "Multi-love has got me on my knee / We were one, then become three" ("L'amour multiple m'a terrassé / Nous ne faisions qu'un, nous sommes désormais trois"), chante-t-il sur la chanson-titre, ajoutant : "It's not that this song's about her / All songs are about her" ("Ce n'est pas que cette chanson parle d'elle / Ce sont toutes les chansons qui le font"). Même si le leader d'Unknown Mortal Orchestra (UMO pour les connaisseurs) fait allusion à une relation intime qui s'est mal finie, les textes sont suffisamment bien ficelés pour avoir une portée universelle.

2. Pour son groove imparable

Heureusement, les neuf morceaux de ce Multi-Love désenchanté peuvent compter sur la science du groove du trio de Portland pour ne pas plonger l'auditeur dans la neurasthénie. Une ligne de basse impeccable par-ci (Like Acid Rain), une guitare wah-wah par-là (Ur Life One Night) ou un prodigieux solo de saxophone ailleurs (Extreme Wealth And Casual Cruelty) : Ruban Nielson et ses acolytes ont le chic pour trouver des formules dansantes et furieusement funky. Les influences se bousculent toujours au portillon, mais le psychédélisme primaire semble avoir laissé place à la sensualité bizarre d'un Prince ou d'un Parliament.

3. Pour les bidouillages sonores ingénieux

En plus des gimmicks instrumentaux inhérents au genre, la science du groove d'UMO se caractérise également par de nombreuses trouvailles sonores. Les compositions multiplient les ruptures mélodiques et les effets sonores surprenants, comme sur l'incroyable Stage or Screen, si bien qu'on ne sait jamais vers quelle direction chaque morceau va nous emmener. Pour bâtir ce labyrinthe sonore, Ruban Nielson joue aussi sur de vieux synthés, qu'il reprogramme à sa sauce apportant sa touche personnelle à un univers moins référencé que dans ses enregistrements précédents.

 
0 commentaire - Unknown Mortal Orchestra : trois bonnes raisons d'écouter "Multi-Love"
  • avatar
    [=pseudo.pseudo] -

    [=reaction.title]

    [=reaction.text]

avatar
[=pseudo.pseudo] -

[=reaction.text]