The Radio Dept. : 3 bonnes raisons d'écouter "Running Out of Love"

The Radio Dept. : 3 bonnes raisons d'écouter "Running Out of Love"©Per Vikström, DR
A lire aussi

Sébastien Jenvrin, publié le 20 octobre

Six ans après "Clinging to a Scheme" (2010), les Suédois reviennent avec un quatrième album plus engagé que jamais, définitivement tourné vers l'électronique.

1. Parce qu'il a failli ne jamais sortir

Formé à la fin des années 1990, The Radio Dept. n'a rien du groupe stakhanoviste qui enchaîne les enregistrements à la pelle, ce nouvel essai étant le quatrième en 15 ans d'activité. Six années se sont écoulées entre "Running Out of Love" et son prédécesseur, alors même que le discret leader Johan Duncanson avait annoncé en 2010 qu'il n'attendrait pas trois ou quatre ans pour sortir un nouvel album. Cela en a pris six, mais les Suédois ont une raison valable. Et pour cause, leurs rapports conflictuels avec leur label Labrador Records a débouché sur une longue bataille judiciaire, incitant le duo a jeté les esquisses d'un nouvel album. Après avoir perdu en justice, Johan Duncanson et Martin Larsson ont finalement trouvé un accord avec Labrador pour se remettre au turbin.

2. Parce qu'il renouvelle la synth-pop

Du revival shoegaze des débuts au son baléaric de "Clinging to a Scheme", The Radio Dept. s'est progressivement tourné vers la synth-pop, laissant de côté les guitares pour le plus grand malheur de certains fans réacs. N'en déplaise à ceux-là, "Running Out of Love" confirme cette tendance. À l'instar du dernier album des compatriotes de The Embassy, "Sweet Sensation" (2013), le duo suédois s'est laissé séduire par les ambiances clubbing, qui abondent sur ce nouvel essai. Que l'on pense à We Got Game, lequel renvoie à la techno-pop 80's d'Inner City, ou à Occupied évoquant le New Order période "Technique" (1989). Plus loin, c'est un mélange entre indiepop et house - cette basse ondoyante chipée aux Stone Roses - qui fait des merveilles sur Committed to the Cause. Et lorsqu'une guitare apparaît, c'est pour propulser la mélodie sur les hauteurs éthérées de Running Out of Love et Can't Be Guilty, le morceau le plus élégant produit par les Suédois depuis You Stopped Making Sense.

3. Parce qu'il est ancré dans notre période de trouble

La Suède n'est pas cette utopie social-démocrate à qui tout réussit nous dit Johan Duncanson dans cet album, qui n'oublie pas d'égratigner son pays. À l'instar du single Death to Fascism (2014), qui traitait de fasciste le parti majoritaire suédois, le morceau Swedish Guns tire à boulets rouges sur le gouvernement en place et l'industrie des armes. Tandis que We Got Game évoque la protection des néo-nazis par la police suédoise. Dans un communiqué, The Radio Dept. a déclaré que "Running Out of Love" a été créé dans un "sentiment de profonde frustration vis-à-vis des courants réactionnaires qui caractérisent notre époque". Nul besoin d'avoir fait Science Po ou option suédois au lycée pour comprendre ce qui se trame dans cet album. Le sous-texte de "Running Out of Love" dépasse largement le cadre du pays dans lequel il a été produit. "On vit une époque terrifiante", confiait récemment Duncanson au site Brooklyn Vegan. "Et pas seulement en Suède. Regardez Trump et tout ça. C'est difficile de ne pas écrire des chansons concernées". À défaut de changer le monde, "Running Out of Love" pourra le rendre plus supportable... pendant au moins 46 minutes.

The Radio Dept. sera en concert à Paris (La Maroquinerie) le 1er février 2017.

 
0 commentaire - The Radio Dept. : 3 bonnes raisons d'écouter "Running Out of Love"
  • [=pseudo.pseudo] -

    [=reaction.title]

    [=reaction.text]

[=pseudo.pseudo] -

[=reaction.text]