Tame Impala : trois bonnes raisons d'écouter "Currents"

Tame Impala : trois bonnes raisons d'écouter "Currents"©Modular, DR
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Sébastien Jenvrin, publié le 17 juillet

Trois ans après l'excellent Lonerism (2012), Tame Impala place la barre encore plus haut avec un album qui voit les Australiens changer d'horizon, sans pour autant renier leur identité.

1. Pour la prise de risque de Kevin Parker

En deux albums - InnerSpeaker (2010) et Lonerism (2012) - Tame Impala avait su remettre au goût du jour le rock psychédélique de Pink Floyd et Kaleidoscope. Son secret ? Un traitement sonore quasi obsessionnel sur les instruments (guitares fuzz, batterie en mode phasing, etc.) et la voix, doublée jusqu'à sonner comme celle de John Lennon. "J'aurais pu pondre Lonerism 2.0 en une journée, mais cela ne m'aurait pas satisfait", a confié au NME la tête pensante Kevin Parker. Et pour cause, le leader, fort de son expérience aux côtés de Mark Ronson sur son album Uptown Special, a changé (il le chante d'ailleurs sur la sublime ballade Yes, I'm Changing). Exit les riffs de guitare sixties, l'Australien a décidé de se débarrasser de l'étiquette "rock psyché" qui lui collait aux baskets. Boucles de synthés et clin d'oeil à la french touch : le trip de huit minutes Let it Happen, dévoilé en mars dernier, aura été le symbole de ce revirement, au risque de laisser sur le carreau les fans de la première heure.

2. Parce qu'il repousse les limites du psychédélisme

Les mélomanes les plus ouverts sauront reconnaître dans cette prise de risque l'esprit des grands groupes. Si Tame Impala a su s'émanciper de ses influences sixties, il n'a pas trahi son identité esthétique pour autant, à l'instar du groupe Unknown Mortal Orchestra sur l'excellent Multi-Love (2015). Comme d'autres formations avant lui - au hasard, The Flaming Lips, MGMT ou Animal Collective -, le groupe australien a su réinventer un psychédélisme contemporain. Le paradis artificiel, Kevin Parker semble l'avoir trouvé dans une production aux petits oignons plutôt que dans les drogues. "Le psychédélisme (...) c'est un sentiment, une atmosphère, quelque chose qui permet de sortir de soi. Ça ne se résume pas à quelques effets de manche musicaux : certaines chansons n'ont aucune réverb' et pourtant, en les écoutant, on a l'impression d'être complètement défoncé au milieu du désert", déclare le chanteur et producteur aux Inrocks.

3. Pour le groove impeccable des chansons

Ce qui frappe le plus sur Currents, c'est la manière avec laquelle chaque mélodie est sertie d'une production puissante et groovy. Outre le disco spatial de Let it Happen, on se surprend à ondoyer du bassin sur un grand nombre de titres, notamment sur les lignes de basse chaloupées de The Less I Know The Better, la soul lascive de Cause I'm A Man ou le slow R&B de Love Paranoia, que l'on croirait signé Blood Orange (Devonte Hynes). À l'issue des treize titres de l'album, il faut se rendre à l'évidence : Kevin Parker est autant un producteur de talent qu'un musicien génial et Currents, le meilleur LP de Tame Impala à ce jour, redonne ses lettres de noblesses au psychédélisme après des années d'errances passéistes.

 
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