Smmmile, le vegan pop festival débarque à Paris

Smmmile, le vegan pop festival débarque à Paris©Bruno Delamain, DR
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Clara Lemaire, publié le 13 juillet

Le Smmmile festival - le plus grand festival végane au monde - s'installera du 16 au 18 septembre prochain au Parc de la Villette à Paris. Au programme de cette toute première édition, un festival de musique éclectique pour tous les amateurs de pop indé et d'électro, des rencontres passionnantes autour de débats, ainsi que la découverte d'une nouvelle cuisine. Trois mille festivaliers pourront profiter des concerts, mais ce sont au total près de 10 000 personnes qui sont attendues au village végane. Les trois organisateurs, Jean-Benoît Robert, Sylvain Tardy et Nicolas Dhers ont répondu à nos questions.

Pourquoi avoir voulu lancer le plus grand festival végane du monde ?

Jean-Benoît Robert : Nous sommes tous les trois véganes et musiciens ce qui nous a naturellement amené à monter Smmmile pour faire découvrir la culture végane dans ce qu'elle a de plus pop.

Sylvain Tardy : Oui, nous croyons vraiment qu'il est possible de toucher des gens de tous horizons grâce à un événement culturel ouvert et festif dans le but de sensibiliser aux bienfaits du véganisme, bien sûr pour les animaux, mais aussi pour l'environnement et les humains d'ici et d'ailleurs, dans une ambiance pop !

Nicolas Dhers : Nous sommes convaincus qu'on assiste là aux prémices d'un changement profond de société plus qu'à une simple tendance.

Expliquez-nous d'où vient ce nom, Smmmile ?

JBR : Le nom Smmmile résume à lui seul le festival avec une approche souriante et douce du véganisme, un hommage à la pop et aux Beach Boys (en référence à l'album Smile, chef-d'oeuvre enregistré en 1967, ndlr.) et mmm... à la gastronomie végane et gourmande.

ST : Smmmile, c'est un grand sourire pop avec trois -m comme mmm... c'est bon !

Comment cette idée de festival végane est-elle née ?

JBR : C'est une idée 100 % française. L'idée est venue à un chouette concert en plein air : cadre parfait, bonne musique mais uniquement du burger et du hot dog à manger... Nous faisons aussi le festival auquel nous aurions rêvé d'aller : bonne musique, bonne attitude et de quoi se régaler en mode végane !

ND : Nous avons ensuite observé ce qui se faisait à l'étranger et, à notre connaissance, rien ne s'en approche vraiment. En revanche nous nous sentons proches des valeurs de certains festivals comme le Fusion Festival, en Allemagne, 50 000 festivaliers qui mangent végétarien voire végane sans l'afficher. Les mentalités ne sont pas les mêmes qu'en France où le véganisme n'est pas encore installé comme une évidence.

Comment avez-vous choisi les artistes qui vont participer ? Sont-ils véganes ou engagés dans la cause animale ?

ND : Matthieu, le directeur du Trabendo qui est co-producteur du festival, a construit une vraie programmation musicale, avec les groupes qu'on avait envie de voir dans les styles qu'on avait envie de mettre en avant. Au final, certains sont véganes, parfois engagés et les autres non.

ST : Et c'est bien ce message d'ouverture qu'on veut faire passer : on veut faire un festival pour tout le monde, pas faire la fête entre véganes !

Comment avez-vous recruté votre marraine, la chanteuse de Lily Wood and the Prick ?

ST : On savait qu'elle était végane et très engagée sur ce sujet, et on voulait vraiment la contacter en direct pour lui expliquer le projet. Dès qu'on a commencé à discuter avec elle, elle a été enthousiaste et très impliquée. Ce qui nous semblait une bonne idée au début s'est révélé une évidence...

Faire passer un message engagé et conscient à travers la musique, est-ce plus facile selon vous ?

JBR : Oui et plus particulièrement dans les festivals qui sont des moments de vivre ensemble, de disponibilité et d'ouverture. C'est le moment idéal pour se poser des questions surtout lorsqu'on mange un des meilleurs burgers du monde et qu'il est végane !

Vous allez proposer des débats et des tables rondes, qui avez-vous prévu d'inviter ?

ST : Côté conférences, nous annoncerons les intervenants dans quelques jours. Matthieu Ricard nous a bien aidés en soutenant notre campagne de crowdfunding (le festival a réussi à soulever plus de 10 000 euros en moins d'une semaine via Kiss Kiss Bank Bank pour financer des espaces gratuits, ndlr.). Il y aura aussi des chefs et critiques pour des débats autour de la gastronomie. Et un superbe rendez-vous : une conférence-récital autour de Vanessa Wagner, la pianiste concertiste de renommée internationale, et de ses invités pour une discussion sur le véganisme et l'art entrecoupée de piano.

Que répondez-vous à ceux qui cataloguent les véganes de "hipsters" et qui ne verraient pas d'un bon oeil ce festival ?

JBR : Tous les hipsters que je connais mangent du burger et des corn flakes avec du lait ! Plus sérieusement, les échos sont hyper bons. Nous avons commencé l'aventure à trois, et tous les jours de nouveaux bénévoles nous rejoignent. Je crois que les gens font le lien aujourd'hui entre condition animale, santé et environnement. C'est un tout.

Selon vous, fait-il bon d'être végane dans un pays qui célèbre la bonne chair ?

JBR : Depuis 60 ans, la France considère la viande comme l'élément central de l'assiette, à tel point qu'on nomme les légumes "accompagnement" dans notre pays. En revanche, depuis deux ans, les choses s'accélèrent et les initiatives se multiplient. La rentrée scolaire va être riche en événements véganes... On parle d'un "été végindien".

Pensez-vous pouvoir à votre échelle faire évoluer les choses ?

JBR : Si les gens se disent après ces trois jours : "j'ai passé un super moment, j'ai écouté de la bonne musique, appris plein de choses, je me suis régalé ... Et c'était végane", je me dis qu'on aura peut-être permis aux gens de se poser quelques questions.

Pensez-vous rééditer l'évènement l'année prochaine ?

JBR : Oui ! Ce premier festival a vocation à devenir un vrai rendez-vous et c'est comme ça que nous l'avons conçu avec le Trabendo. A terme nous comptons également créer des éditions ailleurs en France... Pourquoi pas à l'étranger. D'ailleurs nous travaillons en parallèle à des soirées Smmmile récurrentes (les Smmmile Parties).

Pour finir, trois bonnes raisons selon vous de participer au Smmmile festival ?

ND : Une programmation de folie avec des coups de coeurs tels que : Batuk, Golden Dawn Arkestra et Ifé, des gens inspirants et intéressants à découvrir, et le temps d'un week-end le meilleur spot de France pour goûter des super plats et apprendre à en cuisiner des nouveaux. En résumé : du bon, du sens et de la bonne cuisine !

 
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