Radiohead : que vaut l'album "A Moon Shaped Pool" ?

Radiohead : que vaut l'album "A Moon Shaped Pool" ?©Alex Lake, DR
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Sébastien Jenvrin, publié le 9 mai

Comme annoncé vendredi, le neuvième LP des Anglais, baptisé A Moon Shaped Pool, a bien été dévoilé dimanche 8 mai sur la Toile. Après cinq ans d'absence, le groupe revient à un équilibre salvateur entre chansons entêtantes et expérimentations soniques. Une réussite.

Après avoir beaucoup joué avec les nerfs de ses fans, multipliant les messages cryptiques et se retirant momentanément d'Internet, Radiohead a finalement mis fin au suspense vendredi dernier en annonçant que son neuvième album sortirait dimanche 8 mai à 20h (heure française). Chose promise, chose due : Thom Yorke et sa bande ont mis en ligne A Moon Shaped Pool ("Une piscine en forme de lune") hier soir sur quelques sites de streaming payants (avant une version physique prévue le 17 juin sur XL Recordings). Si, sur un plan marketing, la sortie de ce nouvel essai se rapproche de The King of Limbs (2011) - lequel avait également été annoncé trois jours avant sa sortie -, musicalement, les deux disques n'ont absolument rien à voir. Et c'est tant mieux. Autant son prédécesseur était d'un ennui sidéral, poussant trop loin le bouchon expérimental, autant A Moon Shaped Pool est d'une grande richesse sonore.

Dès l'ouverture Burn the Witch, dévoilé par le groupe mardi 3 mai, la tension monte au rythme des violons angoissants du London Contemporary Orchestra. Un de ces morceaux en crescendo dont Radiohead a le secret, suivi par la ballade planante Daydreaming et ses notes de piano éthérées, également dévoilé en amont. La pop song Decks Dark, une des plus belles pièces du disque, commence par une programmation rythmique cotonneuse rappelant Beach House, un piano aérien, une batterie sèche et une guitare noyée d'effets. Débarrassé des errances électroniques de ses derniers disques, le groupe retrouve les instruments plus conventionnels de la pop qu'il triture avec l'aide du producteur-bidouilleur Nigel Godrich.

Sur Full Stop, Radiohead joue une fois de plus les équilibristes, évoluant entre une sorte de Krautrock palpitant et de longues plages d'ambient hypnotique. Comme si Brian Eno et The Horrors collaboraient ensemble. A mesure que la section rythmique assurée par Colin Greenwood (basse) et Philip Selway (batterie) s'emballe, le chant de Thom Yorke s'accélère rappelant le mantra envoûtant d'Idioteque. De manière générale, sa voix est plus sobre et moins geignarde qu'elle a pu l'être par le passé. En guise de final, les musiciens d'Oxford ont opté pour True Love Waits, magnifique ballade bien connue des fans et jouée par le groupe sur scène depuis 1995. Pour le magazine Rolling Stone, il s'agit de la plus grande chanson que le groupe n'a jamais enregistrée. Conclure l'album avec est donc le plus beau cadeau que les fans pouvaient espérer. De là à penser qu'il s'agit d'un cadeau d'adieu, certains oseront sans doute franchir le pas. Au regard des jolies choses que Radiohead offre encore aujourd'hui (qui l'eût cru ?), on espère que non.

 
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