Que faut-il penser du retour d'Electric Guest ?

Que faut-il penser du retour d'Electric Guest ?©Nick Walker, DR
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Sébastien Jenvrin, publié le 17 février

Après avoir fait danser la planète en 2012 avec le tube This Head I Hold, le duo californien signe un retour plus discret avec l'album "Plural". Plutôt bon signe ?

Quelques notes de piano suivies d'un break de batterie décapant, puis une voix démente posée sur une rythmique northern soul endiablée, comme à la grande époque de la Motown. Souvenez-vous, c'était en 2012 : le hit funky This Head I Hold, du duo Electric Guest, faisait les beaux jours des radios et autres spots publicitaires. Derrière ce tube se cachait Asa Taccone et Matthew Compton, deux musiciens rencontrés à Los Angeles et révélés par le producteur star Danger Mouse sur un premier album tout aussi sautillant, "Mondo". Aujourd'hui, le duo revient avec autant de bonne humeur qu'hier, mais sans le manitou des studios. En découle un deuxième album moins léché, mais tout aussi lumineux.

Pas de tube, mais un disque plus cohérent

Imparable sens du rythme, timbre falsetto hors-norme, compositions lumineuses : tout ce qui faisait le charme d'Electric Guest sur "Mondo" se trouve à nouveau exploité sur "Plural". Mais pas toujours de la même manière. Débarrassé du sorcier du son Danger Mouse, le duo tente de s'émanciper en proposant des arrangements plus sobres et une ouverture vers d'autres sonorités. Preuve de cette ouverture, plusieurs invités sont présents sur l'album : Joanna Newsome (Zero), Justin Hayward-Young des Vaccines (Over) et les filles de Haim (Dear to Me).

Plus en phase avec son époque, "Plural" ne se contente pas de faire dans le revival soul 60's façon Motown, mais s'ouvre par exemple à des influences hip-hop, comme sur le morceau Oh Devil. Ou au r'n'b, à l'image de la chanson Back & Forth, sur laquelle plane le spectre de Michael Jackson. La northern soul a bien sûr toujours une place de choix dans les compositions. Il suffit d'écouter l'excellent Glorious Warrior pour s'en convaincre, avec ses rythmiques qui font penser très fort au Maneater de Daryl Hall & John Oates.

La voix haut perchée d'Asa Taccone semble mieux maîtrisée et fait des merveilles sur le titre d'ouverture Zero. Ses textes, quant à eux, sont un poil plus mélancoliques, comme en témoigne la chanson crève-coeur Sarah. En s'émancipant de Danger Mouse, Electric Guest a perdu en pouvoir d'attraction ce qu'il a gagné en cohérence. Voilà un disque qui fera sans doute moins de bruit que son prédécesseur, mais qui cache pourtant de belles joyeusetés, sans prétention.

 
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