Pitchfork Festival 2015 : un deuxième soir sous le signe de l'éclectisme

Pitchfork Festival 2015 : un deuxième soir sous le signe de l'éclectisme©Getty Images
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Sébastien Jenvrin, publié le 31 octobre

Le Pitchfork Festival, organisé par le site Internet du même nom, ouvrait ses portes jeudi 29 novembre à Paris, à la Grande Halle de la Villette. Un rendez-vous incontournable de la musique indé, qu'Orange Musique a décidé de suivre sur trois jours. Retour sur la soirée de vendredi.

Après Haelos, la révélation trip-hop du premier soir, c'était au tour de Dornik d'ouvrir le bal ce vendredi. Comme pour la veille, le défi est particulièrement relevé : amener une bonne ambiance dès le début de la soirée, devant une foule mince qui s'étoffe au compte-gouttes. Pari réussi pour le Londonien qui était venu présenter les titres de son premier album éponyme paru cet été. Révélé en jouant de la batterie pour la talentueuse Jessie Ware, l'artiste britannique a su enivrer avec son groove cotonneux et sa soul eighties à mi-chemin entre Frank Ocean et The Weeknd.

La programmation maladroite du jour ? Faire jouer les zinzins de HEALTH à 18h40. La puissance tellurique - coup de chapeau à l'incroyable batteur/homme de Cro-Magnon - de ce groupe rock expérimental de Los Angeles était peut-être de trop pour le public, qui se mettait tranquillement dans l'ambiance. Elle a au moins eu le mérite de le réveiller un peu. Le ton s'adoucit grandement avec l'arrivée de Rhye sur la scène d'en face. La soul langoureuse de ce duo installé en Californie est une des belles découvertes du festival, notamment avec son single The Fall, porté par le falsetto caressant du chanteur Mike Milosh. Seul bémol : cette petite jam entre le violoniste et le violoncelliste, poussant l'aspect jazzy expérimental jusqu'à l'ennui.

Tandis que la sono diffuse le dernier album de Tame Impala, l'Américain Kurt Vile et ses Violaters font les derniers réglages de la balance. La Grande Halle est désormais à son comble et prête à accueillir une des têtes d'affiche de la soirée. On change une fois encore de registre avec le folk électrique du garçon de Philadelphie. Cheveux dans les yeux et dégaine d'éternel ado grunge, Kurt Vile apporte la dose de guitare dont ce festival avait besoin, allant des riffs ciselés de Jesus Fever aux arpèges roots de Pretty Pimpin. Assurément, notre coup de coeur du soir.

Egalement au-dessus du lot niveau prestation, Battles réussit le pari fou de faire enfin réagir le public un peu amorphe du Pitchfork. Son secret : faire sonner les instruments comme personne et façonner des rythmiques imparables. Le trio a encore un quart d'heure avant la fin de son set tandis que la foule s'agite curieusement. Et pour cause, elle attend l'arrivée de Thom Yorke sur la "pink stage". Appelé en renfort par les organisateurs après l'annulation de Björk cet été, le leader de Radiohead est une des rares vedettes (avec Laurent Garnier) du Pitchfork Festival 2015. L'occasion pour le Britannique de présenter pour la première fois en France son album solo Tomorrow's Modern Boxes, sorti l'an passé uniquement sur internet.

Tandis que la foule se précipite vers la scène encore vide, trois tables blanches sont posées au millimètre près, sur lesquelles on aperçoit deux laptops, un synthétiseur et une console de mixage. Comme un intrus au milieu de cette armada électronique, une guitare trône sur la scène, tandis que l'écran en arrière-plan diffuse trois formes géométriques similaires. Celles-ci s'animent en même temps que l'arrivée de Thom Yorke et de son éternel man-bun. C'est parti pour une heure trente d'électro conceptuelle, jouée quasiment sans aucune interruption, avec projections vidéo multicolores et danse à mi-chemin entre la Tecktonik des années 2000 et le Voguing des eighties, faisant quelques émules parmi la foule. On s'ennuie fermement.

Heureusement, le set de Four Tet, aka Kieran Hebden, en guise de clôture, nous réconcilie avec l'électro. Derrière ses platines, le DJ britannique dessine de somptueuses montagnes sonores à plusieurs façades - entre dance, house, world, post-rock et electronica. Mention spéciale au titre Seesaw, créé en collaboration avec son ami Jamie xx, qui l'a d'ailleurs repris cette année sur son album In Colour, en compagnie de Romy Madley Croft (la chanteuse de The xx). C'est sur cette touche clubbing que s'achève un deuxième soir particulièrement éclectique, faisant du Pitchfork Festival le rendez-vous des musiques indépendantes, au pluriel.

 
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