Pitchfork Festival 2015 : retour sur un final festif et dansant

Pitchfork Festival 2015 : retour sur un final festif et dansant©Getty Images
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Sébastien Jenvrin, publié le 2 novembre

Le Pitchfork Festival, organisé par le site Internet du même nom, ouvrait ses portes jeudi à Paris, à la Grande Halle de la Villette. Un rendez-vous qu'Orange Musique a décidé de suivre sur trois jours. Retour sur l'ultime soirée de ce samedi 31 octobre 2015.

La soirée démarre sur les chapeaux de roues avec Hinds, nouvelle sensation garage-pop originaire de Madrid. Devant une foule clairsemée, les quatre jolies espagnoles enchaînent leurs chansons sautillantes avec une fraîcheur et une spontanéité qui fait beaucoup de bien, dans ce festival où tout est orchestré au millimètre. Même si leur musique se prête davantage à la proximité des petites scènes confidentielles, le public est clairement tombé sous le charme. Autant dire qu'on attend leur premier album, Leave Me Alone, prévu pour janvier 2016, avec une impatience folle.

L'ambiance est ensuite aux musiques noires américaines avec d'abord Curtis Harding et son rock fiévreux teinté de soul et de blues, puis avec Nao, jeune chanteuse londonienne qui revisite le R&B des années 90. Difficile de ne pas onduler du bassin devant toute cette d'énergie, que l'on doit autant à la voix de la chanteuse qu'aux slaps funky du bassiste. En un peu plus d'une demi-heure, Nao est parvenu à transformer la Grande Halle en club londonien eighties.

On se dirige ensuite vers la "pink stage", où se produit Father John Misty. D'entrée de jeu, l'ex-Fleet Foxes Josh Tillman joue le showman, chante couché par terre, monte sur la grosse caisse de la batterie, dynamitant le folk baroque de son album I Love You, Honeybear, paru en début d'année. Retour à l'ambiance dancefloor grâce au trio Unknown Mortal Orchestra. Le chanteur et guitariste Ruban Nielson, le bassiste Jake Portrait et le batteur Riley Geare ont définitivement conquis le public grâce à leurs hymnes de funk martien truffés de gimmicks imparables. Climax de leur prestation : le tube Can't Keep Checking My Phone et sa basse chaloupée.

A peine 21h, attirée par leur traditionnelle intro sur We Are The Champions de Queen, la foule se met à courir vers Run The Jewels, sensation hip-hop du moment composée de Killer Mike et d'EL-P. Les deux acolytes ne tardent pas à mettre le feu à la Grande Halle avec leur flow endiablé et leurs rythmes explosifs. Les New-Yorkais redoublent d'énergie pour faire remuer la foule et offrent la prestation qui fera le plus bouger le public sur ces trois jours, faisant oublier un instant la réputation de froideur du Pitchfork Festival.

Place ensuite aux vétérans de Spiritualized, groupe phare de la scène shoegaze fondé en 1990 par l'ex-Spacemen 3 Jason Pierce. Les Anglais font planer une douce mélancolie sous la voûte de la Grande Halle, piochant les morceaux cultes de leur discographie - Hey Jane, Soul On Fire, Won't Get To Heaven. C'est Ratatat qui avait pour mission d'assurer la transition entre les concerts du dernier soir et la phase clubbing programmée en fin de festival. Autant dire qu'il a rempli son rôle avec efficacité. A grands renforts d'hologrammes et autres effets visuels tape-à-l'oeil, le duo new-yorkais a su distiller ses morceaux électro-rock dansants avec entrain.

Hudson Mohawke, John Talabot (en B2B avec Roman Flügel) et Laurent Garnier se sont succédés pour un plateau électro en forme de bouquet final, étirant la fête jusqu'au petit matin. Pour nous, c'est l'heure de faire le bilan et d'attribuer les notes à ce tout jeune festival. Si l'ambiance de ce troisième jour était davantage à la fête - les nombreux déguisements d'Halloween aidant - l'ensemble du festival a manqué de réaction de la part du public. Ce qui ne remet pas en cause la programmation impeccable de ce Pitchfork Music festival 2015.

Les notes (sur 10) :

- Public : 3.2- Acoustique: 3.8- Ambiance : 5.2- Musique : 8.1- Stands/Restauration : 7.9- Organisation : 7.2

 
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