Magic, la revue pop moderne tire sa révérence

Magic, la revue pop moderne tire sa révérence©David Guibaud, DR
A lire aussi

Sébastien Jenvrin, publié le 10 mai

Après vingt-et-un ans d'activité en kiosque au service de la pop indépendante, le magazine Magic interrompt sa parution et laisse la presse musicale de qualité orpheline.

Mauvaise nouvelle pour la presse musicale : le titre indépendant Magic, autoproclamée "revue pop moderne", met la clé sous la porte après 21 ans de parution en kiosque. En cause ? Des difficultés économiques qui minent sa rédaction depuis quelques temps. "Nous avons cherché des solutions, nous avons cherché des partenaires, des repreneurs, mais aucune piste ne s'est concrétisée", écrit ainsi l'éditeur et la rédaction sur son site internet. "En l'état, il est donc probable que le numéro 201 de la revue, daté du mois d'avril 2016, soit le dernier", poursuit le communiqué, qui ne manque pas de remercier "la loyauté et la passion toujours gaillarde" de ses collaborateurs ainsi que ses fidèles lecteurs. Et de conclure en postant une dernière une fictive du graphiste David Guibaud, en forme de clin d'oeil fripon à l'album Unknown Pleasures (1979) de Joy Division.

Créé par les deux graphistes mélomanes Serge Nicolas et Eric Pérez et lancé en février 1991 à Saint-Malo, à l'occasion de la première édition du festival La Route du Rock, le fanzine Magic Mushroom est rapidement devenu culte auprès des fans de musique pop. Petit frère téméraire des Inrockuptibles qui se distinguait par sa maquette particulièrement léchée, le titre a profité du passage en hebdomadaire de son aîné en 1995 pour tenter l'aventure dans les kiosques. Rebaptisé Magic! - puis, plus tard, magic, revue pop moderne -, le magazine dirigé par le sémillant Christophe Basterra fait sa première une sur Elastica. Il couvrira pendant plusieurs années un large spectre de la pop au sens anglo-saxon du terme, flairant les tendances underground avant la plupart de ses confrères, de la britpop à la french touch en passant par la nouvelle scène française.

Prescripteur de longue date, Magic a donné un coup de projecteur bienvenu aux artistes français de qualité : Dominique A, Etienne Daho, Miossec, Air, Jean-Louis Murat, Benjamin Biolay, Arnaud Fleurent-Didier etc. Il peut d'ailleurs se targuer d'avoir accordé sa première une à Phoenix en juin 2000 (bien avant le carton de l'album Wolfgang Amadeus Phoenix). Plus récemment, sous l'impulsion de son rédacteur en chef Franck Vergeade, Magic a aussi organisé les soirées trimestrielles "Tombés pour la France", mettant en avant le renouveau de la pop en français avec des groupes comme Aline, La Femme ou Lescop.

Dans son communiqué, la rédaction lâche une dernière phrase sybilline expliquant que sa curiosité "ne s'éteindra pas, mais devra se manifester ailleurs, autrement", sans rien dire de l'avenir de son site internet. Dreams Never End, comme le chante New Order, une des marottes de ce (très) cher magazine.

 
0 commentaire - Magic, la revue pop moderne tire sa révérence
  • avatar
    [=pseudo.pseudo] -

    [=reaction.title]

    [=reaction.text]

avatar
[=pseudo.pseudo] -

[=reaction.text]