Luciole fait des étincelles sur le dernier album de Grand Corps Malade

Luciole fait des étincelles sur le dernier album de Grand Corps Malade©Isabelle Ratane, DR
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Marie Ponchel, publié le 6 novembre

Choisie par Grand Corps Malade pour figurer aux côtés de Renaud ou de Charles Aznavour sur son album-concept Il nous restera ça, Luciole, auteure-interprète-compositrice et productrice, a plusieurs cordes à son arc et une voix lactée nourrie au slam. Rencontre.

Elle nous a donné rendez-vous au Pavillon des Canaux, un endroit à son image, chaleureux et plein de surprises, mais surtout bordé par le quai de la Loire et ses bateaux multicolores. Alliant avec délicatesse le slam et la chanson depuis une dizaine d'années, l'artiste caméléon, dont l'emblème n'est autre qu'un bateau de papier "fragile mais flottant", se définit comme une capitaine de navire : " Je ne vogue pas sur un canal où c'est toujours calme, parfois le vent tourne dans le bon sens et parfois il n'y a pas de vent du tout et ça n'avance pas, parfois c'est la tempête qu'il faut gérer et parfois tout se passe bien ou alors il faut ramer (rires)" confie-t-elle. À seulement 20 ans, cette Bretonne tombée dans la marmite de la musique à l'âge de cinq ans, quitte tout pour monter à Paris avec l'idée de faire un disque. Neuf ans plus tard, l'ancienne élève du Conservatoire de Rennes a déjà une carrière bien remplie derrière elle, avec à son actif trois albums et des premières parties de Camille et d'Oxmo Puccino.

Guidée par un amour du mot et de la langue française, Luciole, de son vrai nom Lucile Gerard, a d'abord été tentée par le théâtre, jusqu'à ce que le slam la rattrape lors d'un atelier en classe de terminale : "Grand Corps Malade n'était pas encore connu, il n'avait pas encore sorti son disque mais le slam commençait à prendre en France. Galvanisée aussi par toute cette scène-là et puis le fait qu'à ce moment-là il n'y avait pas beaucoup de filles, j'ai réussi à me trouver une place assez rapidement." Voguant entre cette culture urbaine, liée au rap et au hip-hop, et la nouvelle scène française et ses chansons à textes, la diseuse d'histoires aime l'alchimie entre ces deux univers, dont le dénominateur commun n'est autre que la gymnastique des mots, à qui elle déclare d'ailleurs sa flamme dans l'album Il nous restera ça : "Nos mots à bouts de bras sont nos armes, nos flambeaux / Nos mots comme drapeaux / Il nous restera ça".

Sur cet album-concept, Luciole joue un peu les étoiles filantes, étant la seule parmi les dix auteurs présents à avoir pris le parti de chanter : "C'est vrai que c'est rigolo que je sois la seule personne issue de la scène slam et que je sois la seule à chanter ! (rires) Peut-être que les autres avaient envie de s'essayer à quelque chose de plus proche de Grand Corps Malade. Moi, finalement, je l'avais déjà un peu fait" nous raconte-t-elle en revenant sur la pression qu'elle s'est mise en sachant que Charles Aznavour ou encore Renaud figureraient à ses côtés sur l'album. Mais la chanteuse n'en est pas à son premier paradoxe. Oiseau rare et plutôt diurne, elle s'amuse avec son nom de scène, qu'elle a choisie spontanément en 2004, lors de sa première scène slam : "C'est drôle car j'ai choisi ce pseudonyme alors que les lucioles n'apparaissent que la nuit et moi je ne suis pas très nocturne comme fille, mais j'aime bien aussi l'idée d'avoir un alter ego un peu différent." En sa compagnie, les jours deviennent des nuits, et les mots, des points lumineux qu'on aimerait ne jamais voir s'éteindre.

Luciole sera en co-plateau avec Vincha le 23 novembre prochain sur la scène du Pan Piper.

 
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