Lou Doillon : "Chanter, c'est se mettre à poil"

Lou Doillon : "Chanter, c'est se mettre à poil"©Abaca
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Sébastien Jenvrin, publié le 30 septembre

En attendant la sortie de Lay Low, la Française s'est confiée aux Inrocks sur l'enregistrement de ce deuxième LP au Canada.

"Jusqu'en 2012, Lou Doillon n'existait pas", écrivait il y a quelques jours Hugo Cassavetti dans les colonnes de Télérama, pour rappeler à quel point son premier album Places (2012) lui a permis de s'émanciper de son lourd héritage. Car depuis ce coup d'éclat musical, la fille de Jane Birkin et de Jacques Doillon ne semble plus avoir besoin de se trouver une identité. Entre la mode et le cinéma, elle a tranché : ce sera la musique. Et le succès populaire de Places, vendu à plus de 200 000 exemplaires, l'a convaincu. "Je n'ai pas refait de film ou de théâtre depuis ce disque, confie-t-elle aujourd'hui aux Inrocks, dont elle fait la couverture cette semaine. Maintenant, c'est pour la musique qu'on m'appelle... Cela me va très bien. Je me souviens de cette remarque d'Hélène Fillières à qui Etienne (Daho) avait fait écouter une de mes chansons. Elle m'avait regardée et dit : 'Tu es nette maintenant.' Comme si la mise au point avait fonctionné."

Plus ténébreux que son prédécesseur, Lay Low, qui sortira le 9 octobre, a été enregistré au Canada, sous la houlette de Timber Timbre. Un choix qui a mis du temps à se concrétiser. "J'avais des chansons mais je ne savais pas comment les projeter, explique Lou Doillon, racontant avoir d'abord essayé avec son groupe habituel. Mes chansons étaient un peu plus violentes, plus dures, et je voulais que cette violence reste féminine." Après quelques essais avec la session rythmique de Savages et des arrangements signés Bernard Butler de Suede, la Française s'est finalement tournée vers le Canadien. "J'ai cherché quelqu'un qui aurait cette imperfection, ces aspérités, cette rugosité, confie-t-elle aux Inrocks. J'écoutais Timber Timbre en boucle et ça m'a donné envie de travailler avec Taylor Kirk."

Après avoir réussi à le convaincre, Lou Doillon est allée enregistrer à Montréal, une ville qui, comme la chanteuse, baigne dans une culture bilingue. "Je rêve en français et en anglais. Ma vie quotidienne est en français. Mais le langage affectif, c'est l'anglais, explique-t-elle. Je prends du plaisir à écrire en français mais je ne peux pas m'empêcher de faire la maligne. Or je ne veux pas de ce jeu dans la musique, je ne cherche pas à plaire. J'ai été entourée de gens qui s'amusaient avec cette langue, mon père, Serge (Gainsbourg)... J'ai eu besoin de m'en éloigner. Pour moi, chanter c'est pas ça du tout, c'est se mettre à poil moralement."

 
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