Joanna Gruesome : trois bonnes raisons d'écouter "Peanut Butter"

Joanna Gruesome : trois bonnes raisons d'écouter "Peanut Butter"©Fortuna Pop!, DR

Sébastien Jenvrin, publié le 18 mai

Formation noisy-twee venue tout droit de Cardiff, Joanna Gruesome mêle l'urgence punk des Ramones et l'esprit féministe du mouvement riot grrrl pour un cocktail frais et explosif.

1. Pour le côté punk

En détournant le nom de la harpiste Joanna Newsom, le quintette gallois apparaissait en 2010 sans autre ambition que produire une pop bruitiste et décomplexée très loin de la musique folk de l'Américaine. Deux ans après le premier essai Weird Sister (2013), Joanna Gruesome revient avec Peanut Butter (2015), un disque encore plus rageur que son prédécesseur... et également plus concis. Au programme ? Dix chansons énergiques goupillées en seulement 21 minutes, avec une urgence punk qui rappelle les Ramones puisque les morceaux tournent en moyenne autour de deux minutes - la plus courte, Jerome (Liar), ne dure qu'1 minute 39 et la plus longue, Crayon, fait seulement 3 minutes 10.

2. Pour le sens des mélodies

Sous le vernis punk des guitares noisy se cachent des mélodies plutôt entêtantes, comme en témoignent les excellents Jamie (Luvver) ou There Is No Function Stacey. À l'instar de formations récentes telles que Alvvays, Veronica Falls ou The Pains of Being Pure at Heart, Joanna Gruesome réactive la sensibilité twee du mouvement C86, lequel a donné naissance à une myriade de groupes anglais à la fin des années 80 mêlant les mélodies célestes et l'esprit Do It Yourself. La voix de la chanteuse Alanna McArdle, naïve et bancale, rappelle ainsi celle d'Annabel Wright, du groupe Shop Assistants. Le morceau final, Hey! I Wanna Be Yr BestFriend ralentit le propos et tient sur une harmonie vocale masculin/féminin particulièrement réussie.

3. Pour les textes féministes

Difficilement perceptibles sous les distorsions des guitares, les paroles de Joanna Gruesome laissent entendre des refrains anti-sexistes et anti-homophobie. Sur Last Year, Alanna McArdle bouillonne et sort les crocs dans une dispute avec son partenaire, avant de se radoucir en criant "I will not ! I will not ! I will not !" De son côté, le morceau Honestly Do Your Worst s'en prend aux machos et évoque l'exaspération causée par l'incommunicabilité des relations sentimentales.

 
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