Flo Morrissey et Matthew E. White redéfinissent l'art de la reprise

Flo Morrissey et Matthew E. White redéfinissent l'art de la reprise©Shawn Brackbill, DR
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Sébastien Jenvrin, publié le 6 février

Révélation folk 2016, Flo Morrissey s'est associée au producteur américain Matthew E. White le temps d'un album de reprises éclectique, allant de Nino Ferrer à Lou Reed. Un exercice de style élégant et singulier.

À ma gauche, Matthew E. White, un Américain touche à tout, producteur, arrangeur, auteur-compositeur-interprète et directeur du label Spacecomb. À ma droite, Flo Morrissey, une jeune Anglaise de 22 ans qui s'inscrit dans l'héritage gracieux de Joni Mitchell avec l'album "Tomorrow Will Be Beautiful" (2016). Les deux artistes ont scellé leur union sur un album de reprises pas comme les autres, baptisé "Gentlewoman, Ruby Man" et disponible sur Deezer.

Sous le signe de l'éclectisme

C'est au détour d'un concert-hommage à Lee Hazlewood que les deux jeunes artistes se sont rencontrés. Le grand barbu et la frêle anglaise devaient y jouer une reprise de la chanson Some Velvet Morning. Leur collaboration a si bien fonctionné que les deux musiciens ont eu l'idée de la prolonger sur la longueur d'un album. C'est ainsi qu'est né "Gentlewoman, Ruby Man", un disque où le duo revisite dix morceaux d'autres artistes. Un album de reprises, où l'éclectisme est de mise puisque l'on trouve au sommaire, du Nino Ferrer, Feist, Charlotte Gainsbourg, le Velvet Underground ou encore le morceau Thinkin Bout You, extrait du deuxième album de Frank Ocean.

Réinterprétation soul

Tous ces artistes variés sont passés au filtre du son typique des productions de Matthew E. White, à savoir une blue-eyed soul matinée de folk. Résultat, la plupart des reprises sont particulièrement éloignées des versions originales. Difficile de reconnaître le Sunday Morning du Velvet, avec ses choeurs doo-wop et la voix haut perché de Flo Morrissey. La mélancolique Suzanne de Leonard Cohen se trouve ici transcendé en une sorte de soul voluptueuse grâce à la voix suave de Matthew E. White. Ce qui frappe à l'écoute de "Gentlewoman, Ruby Man", c'est l'équilibre harmonieux trouvé entre les deux artistes. Une réussite qui ferait presque oublier qu'il s'agit de reprises. De là à regretter que le duo n'ait pas eu l'idée de composer un album de chansons originales, il n'y a qu'un pas.

 
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