Fat White Family : 3 bonnes raisons d'écouter "Songs for our mothers"

Fat White Family : 3 bonnes raisons d'écouter "Songs for our mothers"©Gullick, DR
A lire aussi

Clara Lemaire, publié le 22 janvier

Originaires de Londres, les six membres de Fat White Family sont retournés bosser dans leur squat de Brixton pour composer leur deuxième opus, Songs For Our Mothers, attendu de pied ferme par tous ceux qui avaient découvert leur impertinence sur Champagne Holocaust il y a trois ans. Un nouvel album palpitant et transgressif à souhait.

Parce que le groupe renouvelle l'esprit du punk

Punk, le groupe l'est au sens propre comme au figuré, dans leur musique comme dans leur propre vie. Sur leurs titres, des guitares distordues et qui saturent à n'en plus finir, sur scène une fougue et une énergie qui n'ont rien à envier à leurs prédécesseurs les Sex Pistols ou bien les Clash. Un rock garage et sauvage, joué par des musiciens hirsutes aux cheveux gras, qui cassent leurs guitares et aiment finir en slip sur scène devant un public extatique. Un côté borderline et hors du système, que Fat White Family aime également garder dans la composition de sa musique, enregistrée en totale indépendance : "on est en compétition avec de gros groupes indés qui ont signés pour de grandes maisons de disques comme Peace et Slaves, mais on n'a rien à voir avec eux" explique le guitariste et chanteur Saul Adamczewski, "(...) ils font de la musique commerciale. Ce que nous faisons n'est pas commercial, c'est difficile à digérer et à assimiler, donc ce n'est pas surprenant que les gens nous remarquent" admet-il. Avec ce deuxième album c'est sûr, les Fat White ne passeront pas inaperçus.

Parce que c'est un album provocateur

Déjà en 2013, les Fat White Family ne manquaient pas d'acidité lorsqu'ils évoquaient la pédophilie dans leur tout premier single Cream of The Young. "Je te supplie bébé, j'implore ta langue d'enfant de quinze ans" chantaient-ils alors avec la nonchalance qui leur est propre. Sur Songs For Our Mothers, le groupe continue de jouer avec ce qui fâche, comme les symboles politiques et religieux, qui semblent beaucoup les influencer. Le titre Goodbye Goebels notamment, est inspiré du bunker dans lequel Hitler et ses alliés se sont suicidés pendant la seconde guerre mondiale. Une chanson que le groupe considère comme "la plus sincère" de leur répertoire : "je pense que les paroles sont magnifiques" affirme Saul Adamczewski non sans une pointe d'ironie. Sulfureux sans toutefois prôner l'extrémisme, l'album sent la bière, l'héroïne et la cigarette froide à plein nez, et tout est assumé. Songs For Our Mothers est brut de décoffrage, provocateur, et a ce petit brin de folie qui laisse coi.

Parce que les titres sont hypnotiques et magnétiques

Véritable claque en pleine face, Songs For Our Mothers est également une incantation mystique où l'on ne comprend pas toujours tout, mais qui fait du bien. Si Fat White Family côtoie le punk du milieu des années 1970 par son attitude et l'intensité avec laquelle la musique est délivrée, certains morceaux très hypnotiques ne sont pas sans rappeler les délires psychédéliques à la Anton Newcombe où la guitare et les chants lancinants mènent à la transe (Duce, We Must Learn to Rise). Des complaintes parfois noyées dans des déluges sonores, mais qui devraient prendre toute leur ampleur en live, comme avec le titre Tinfoil Deathstar, une histoire de fantôme qui combat une addiction à l'héroïne sur une mélodie digne d'un conte narré par Béla Lugosi. De quoi encore présager de grands moments en concert.

Songs For Our Mothers (Without Consent/PIAS) est paru ce vendredi 22 janvier. Le groupe sera en concert le 2 mars à Paris (La Maroquinerie).

 
0 commentaire - Fat White Family : 3 bonnes raisons d'écouter "Songs for our mothers"
  • avatar
    [=pseudo.pseudo] -

    [=reaction.title]

    [=reaction.text]

avatar
[=pseudo.pseudo] -

[=reaction.text]