EXCLU - Two Door Cinema Club : "Gameshow est un album très cathartique"

EXCLU - Two Door Cinema Club : "Gameshow est un album très cathartique"©Warner Music/Two Door Cinema Club, DR
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Clara Lemaire, publié le 14 octobre

Quatre ans après "Beacon", Two Door Cinema Club revient dans les bacs ce 14 octobre avec l'excellent "Gameshow", après une période des plus chaotiques. Interruption soudaine de tournée, dépression, mésentente au sein du groupe, toutes les conditions étaient réunies pour faire sombrer les Britanniques. Mais après une pause bien méritée auprès de leurs proches, Two Door Cinema Club est bel et bien de retour, plus en forme que jamais.

Tout d'abord, comment allez-vous ?

Alex Trimble: Ça va bien ! On est fatigués, mais ça va. Tout recommence à nouveau, c'est très excitant. On apprécie vraiment le moment, et c'est important car on a envie de le faire. Il y a quelques années, on avait l'impression de se forcer à faire les choses, ce n'était pas si plaisant.

Pourquoi avoir pris ce long break soudain ?

AT: On a été pris dans notre propre tourbillon. On était épuisés et malades, ce n'était plus amusant. C'en est venu à un point où ça n'avait plus d'importance de revenir ou pas. On devait s'arrêter parce qu'on devait se rétablir. Et par chance, maintenant que l'on s'est remis à la musique, les gens sont contents de nous retrouver.

Kevin Baird : Quand on a fait notre pause, on n'a pas vraiment décidé de la stratégie de retour. On ne savait pas si ça allait durer deux ans ou dix ans. Pendant plusieurs années, on a eu un planning avec les jours où l'on devait travailler, et ceux où l'on pouvait se relaxer. Généralement, c'était une nuit, dans un hôtel à l'autre bout du monde. Là, on avait vraiment besoin de ne pas avoir de deadline.

Avez-vous eu peur que tout s'arrête ?

AT : La musique est très imprévisible et les fans peuvent être infidèles. Ça semble négatif de dire ça, mais maintenant avec Internet, tout change si rapidement. Pendant un moment, on avait très peur de partir et que plus personne ne veuille nous revoir, parce que les gens ont tendance à oublier. Mais ce n'est pas vrai. Tant que tu fais de la bonne musique, ce que nous essayons de faire, ils veulent toujours l'écouter.

Comment avez-vous fait pour vous retrouver et refaire de la musique ensemble ?

AT : C'était un processus très lent. Mais ça devait se passer comme ça, car ne s'est pas terminé de façon très sympa entre nous. Personne n'était heureux et c'était difficile à accepter. Au fond de nous, on voulait tous refaire de la musique, mais quand les choses tournent mal, ça reste ancré en vous. On était tous un peu nerveux, on ne voulait pas refaire les mêmes erreurs. D'abord, on a fait que de parler, on a appris à se connaître à nouveau, car on s'était un peu perdus. Et petit à petit, on s'est mis à écrire des chansons. C'était un peu comme reconstruire notre amitié.

Quelles ont été vos principales sources d'inspiration pour cet album, à part cette crise au sein du groupe ?

AT : Pendant notre pause, on se devait de découvrir et d'apprendre de nouvelles choses, parce qu'on n'habitait pas vraiment dans le "vrai monde" avant. On a dû faire face à la vie moderne et interagir avec elle. Donc certaines de nos chansons reflètent la période juste avant notre pause, puis cette phase sombre que nous avons vécue. D'autres parlent de la vie que nous avons redécouverte durant le break. C'est un peu comme une renaissance. C'est un album très cathartique, qui nous a guérit. Il nous a permis de vaincre beaucoup de mauvaises choses.

En parlant de la vie moderne, il paraît que tu n'es pas très à l'aise avec Internet Alex ?

AT : C'est quelque chose qui me fait peur, c'est si puissant. Internet a pratiquement tout le monde sous son contrôle. J'y trouve tellement de choses merveilleuses qui m'inspirent pour faire de la musique ou pour lire, c'est une ressource sans fin. Mais j'ai beaucoup de mal avec l'idée de la culture écrasante de l'ego et du narcissisme, de la désinformation, de la nature jetable des choses, de la numérisation...

Y a-t-il une autre période à laquelle vous auriez aimé vivre ?

Sam Halliday : À l'époque où les gens vendaient des disques, ça aurait été amusant ! Lorsque les gens sortaient en boîte de nuit, à la période disco. Je pense que j'aurais été plus fort pour la vie si j'avais vécu à une époque différente. Elle est tellement facile maintenant.

Votre nouvel album, "Gameshow", est justement très influencé par le disco, la funk. Votre musique est toujours pop, mais beaucoup moins indie, êtes-vous d'accord avec ça ?

SH : Oui. Je pense qu'aucun d'entre nous n'a jamais vraiment aimé la musique indie, mais on a toujours apprécié le rock alternatif. On aime juste faire de la musique amusante et divertissante. Ça fait du bien d'essayer autre chose, des rythmes et des beats différents. Ça nous a permis d'avoir un nouveau groove.

Comment expliquez-vous tous ces changements ? Est-ce pour donner un esprit plus léger à l'album, malgré le sujet lourd ?

AT : Oui, en partie. On se sentait tous très bien quand on a écrit l'album, mais on avait tous encore le souvenir de ce qui nous était arrivé. On a mené une vie de folie pendant quatre ans : on a voyagé dans le monde, rencontré des gens... On a vu des choses magnifiques et terribles, excitantes et ennuyantes à la fois. On a beaucoup vécu, malgré notre jeune âge. Il y a tellement de choses qui affectent cet album que c'est très difficile de mettre des mots dessus.

Il y a différents styles sur votre album, une touche lumineuse avec le disco et la funk, mais également un aspect beaucoup sombre avec des élans presque post rock comme sur le titre "Gameshow"...

AT : Oui, chaque chanson était une entité à part entière. Il était hors de question de considérer l'album comme une collection de chansons, même si elles sont toutes connectées d'une façon. On savait qu'on voulait mettre des guitares sur Gameshow, on voulait faire une chanson rock, mais ça ne voulait pas dire que tous les morceaux devaient être comme ça. Invincible, par exemple, est une ballade avec beaucoup d'éléments électroniques. Bad Decisions et Fever sont beaucoup plus disco. C'est amusant d'avoir cette liberté.

David Bowie a également été une influence majeure, pourquoi ça ?

AT :David Bowie a toujours été tellement bon, divertissant et mystérieux. Il était tout ce qu'une star du rock devait être pour moi quand j'étais petit. Il est mort juste avant qu'on entre en studio. Une grande partie de l'album avait été écrite, mais quand c'est arrivé, ça a définitivement changé ma façon de penser et de faire la musique. Lorsqu'il est parti, c'est comme si quelque chose manquait, et j'ai senti que je n'essayais pas assez de faire ce qu'il faisait. Il n'avait pas peur, c'est ça le truc. J'ai ressenti un peu plus de courage grâce à lui.

 
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