EXCLU - Stuck in the Sound : "On veut créer la surprise à chaque album"

EXCLU - Stuck in the Sound : "On veut créer la surprise à chaque album"©Sony Music, DR
A lire aussi

Clara Lemaire, publié le 15 mars

Quatre ans après Pursuit, les Stuck in the Sound sont enfin de retour avec leur cinquième album studio, Survivor. Un disque surprenant qui s'aventure sur le terrain de la pop, où cohabitent synthés mélodieux et guitares furieuses. Bien plus qu'une rupture dans le style indie rock auquel on les avait cantonnés, Survivor amène aujourd'hui une véritable transition dans le son des Stuck : celle de l'évolution. Rencontre avec José Réis Fontao (chant, guitare) et Emmanuel Barichasse (guitare).

Pourquoi avoir appelé ce nouvel album "Survivor" ?

José Reis Fontao : On n'est pas très loin des autres thématiques des débuts des Stuck, c'est une question existentielle. C'est l'héroïsme au quotidien de chacun, la pression que la société nous fout. On peut déprimer assez rapidement, du coup cet album nous apporte un peu de lumière. Pouvoir créer des choses et prendre du plaisir, c'est l'une des choses les plus importantes de l'être humain. C'est ce que l'on fait à travers Stuck et grâce à ça, on est des survivants dans nos vies.

L'album d'avant, "Pursuit", avait été très bien accueilli par le public. Avez-vous eu la pression de faire mieux, si ce n'est aussi bien ?

JRF : Il y avait surtout une pression vis-à vis de nous-mêmes en fait : est-ce qu'on allait réussir à se faire encore plaisir ? Parce qu'on sait que si à un moment donné l'un d'entre nous est blasé, c'est la fin. Mais la peur fait partie du moteur. Le métier d'artiste c'est entre l'euphorie et le bad total, il n'y a jamais de juste milieu, on est toujours dans les extrêmes.

Emmanuel Barichasse : C'était aussi une période où on était un peu dans l'inconnu, car on ne savait pas quand et comment le disque sortirait. Donc on a simplement fait de la musique, sans vraiment se dire "ça sera un album". On a fait morceau par morceau, et on a vu ce qui arrivait.

Ce nouvel album s'ouvre sur un tout nouveau son des Stuck qui flirte entre pop des années 1980 et new wave. Avez-vous vendu vos âmes de rockeurs ?

JRF : Il y a eu des petits signes sur l'album d'avant avec le titre Brother par exemple. Mais là, oui, c'est de la pop totalement assumée.

EB : En fait, on a toujours fait de la pop, mais on la maquillait comme un camion volé ! Mais c'est pas une rupture si radicale. On a juste eu une vision moins étriquée de notre son qu'au départ. On a peut-être étendu plus de pistes et pousser un peu plus loin la production.

JRF : On a toujours kiffé ce son, sauf qu'on n'a jamais assumé. On se mettait un peu des barrières. On se disait "Nous on respecte Nirvana et Sonic Youth, on va suivre les règles". Et en fait, dès qu'on arrêtait de composer ou d'enregistrer, on parlait de Michael Jackson ou de Phil Collins. Là en plus d'en parler, on l'a fait ! Quand j'écoute cet album, il est en parfaite cohérence avec ce que j'aime le plus dans la musique. Mais on peut vite passer à autre chose, on peut faire l'inverse au prochain. On veut créer la surprise à chaque album.

N'avez-vous pas eu peur de perdre les fans hardcore des Stucks ?

JRF : Est-ce que Radiohead a toujours les fans du premier album ? Peut-être que les vrais fans sont ceux qui vont vouloir accepter l'évolution du groupe. C'est ça la définition de l'artiste, c'est savoir se renouveler. On a les recettes, si on veut on refait un Toy Boy demain, on n'a juste pas envie. Mais l'album est quand même un peu alternatif, il y a des tracks qui respectent nos origines comme Dies Irae ou Pop Pop Pop qui est un peu un bras d'honneur en fait : ok on est la génération Nirvana, mais on va droit en avant et on assume la pop derrière un titre vénère. Ça ne veut pas dire non plus qu'on a changé, si tu viens nous voir en live, tu vas toujours autant transpirer.

Vous êtes passés du label indépendant Discograph à la grosse major Sony, est-ce que c'est une ambition qui se réalise ?

JRF : Ouais c'était une ambition effectivement. On sentait que le navire Discograph était en train de couler petit à petit, d'ailleurs quand on a sorti Pursuit ils étaient déjà en redressement. Pour nous c'est au-delà de nos espérances d'être sur un label comme Columbia. On ne savait pas du tout où on allait aller après Discograph. Après quatre ans d'incertitude, c'est comme un miracle.

Quelle est la prochaine ambition alors ?

JRF : Il y en a pas mal. On essaye toujours de gravir une montagne, mais derrière il y a toujours une montée plus haute. Là, la prochaine étape, c'est que les salles soient remplies sur la tournée et que l'on kiffe. De continuer à faire de bonnes chansons, de ne plus perdre de temps et d'aller plus vite sur les prochains albums. On espère aussi faire une tournée internationale à un moment donné parce qu'on a énormément de fans à l'étranger.

Pour finir, José, tu en es où dans tes projets parallèles, You! et Sarh ?

JRF : DJ Pone (de Birdy Nam Nam, ndlr) a envie qu'on fasse un deuxième album avec Sarh, et j'ai dit oui. Avec You! aussi on a commencé a bossé sur la suite. Notre studio est en train de devenir une plaque tournante, il y a plein d'artistes qui veulent venir enregistrer, du coup ça fusionne dans tous les sens. Avec les Stuck il va y avoir de belles surprises dans l'année, il va même y avoir des featurings avec des rappeurs. J'ai très envie aussi de faire un titre qui mélange rock et son africain, un peu comme Damon Albarn et son projet DRC Music. On appellera ça... de l'Indie World !

 
0 commentaire - EXCLU - Stuck in the Sound : "On veut créer la surprise à chaque album"
  • avatar
    [=pseudo.pseudo] -

    [=reaction.title]

    [=reaction.text]

avatar
[=pseudo.pseudo] -

[=reaction.text]