EXCLU - Pain-Noir : "On peut chanter en français sans être Dick Rivers"

EXCLU - Pain-Noir : "On peut chanter en français sans être Dick Rivers"©Julien Bourgeois, DR
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Sébastien Jenvrin, publié le 19 octobre

Né sur les cendres de St. Augustin, Pain-Noir est le nouveau projet de François-Régis Croisier. Le 23 octobre sortira le premier album du Clermontois sous ce pseudonyme, qui fait sonner en français le folk américain des grands espaces. Rencontre.

D'où est venu le nom de Pain-Noir ?

J'avais en tête un nom très symétrique, avec le même nombre de lettres. C'est avec cette idée en mémoire que j'ai un jour rêvé de deux mains tatouées "pain-noir". C'était un signe tellement fort que je me suis dit 'ça y est, je l'ai'.

Comment êtes-vous passé du projet St. Augustin à celui de Pain-Noir ?

J'en avais marre de St. Augustin et ça correspondait aussi à la fin du label Kütü Folk qu'on avait monté avec des copains (NDLR, les groupes The Delano Orchestra, Leopold Skin et Pastry Case). L'âge avançant, j'avais envie de faire quelque chose qui me correspondait totalement. Comparé à Pain-Noir, St. Augustin ressemblait davantage à tous ceux que je voulais imiter et que j'écoutais, à savoir Grandaddy, Neil Young, etc. Quand j'ai compris que je ne serai jamais ces gens-là, je me suis tourné un peu plus sur moi. Ça correspondait aussi à un moment où je commençais à écrire en français.

Est-ce qu'écrire en français a modifié votre manière d'aborder l'écriture ?

Cela m'a forcé à être sans doute plus sincère car je me cachais pas mal derrière l'anglais, avec des textes qui n'étaient pourtant pas très élaborés. Même si je me dissimule toujours un peu, je me suis rendu compte que je pouvais le faire tout en approfondissant un peu plus les paroles pour qu'elles soient beaucoup plus imagées.

Comment vous situez-vous par rapport à tous ces artistes pop qui chantent en français ?

Même si musicalement on ne se ressemble pas, on partage un désir commun de chanter en français sans faire de la chanson française. Après, je n'écoute quasiment pas de contemporains. À part peut-être Arlt, qui est un des groupes les plus sous-estimés, je trouve. J'ai davantage été marqué par des gens comme Dominique A, Bertrand Belin ou Les Innocents, avec qui j'ai compris qu'on pouvait chanter en français sans être Dick Rivers. Et puis avec eux, j'avais l'impression d'écouter des choses similaires à mes groupes anglo-saxons préférés.

Où puisez-vous l'inspiration de vos textes ?

C'est très large, cela peut aller d'une phrase lue à un paysage traversé en voiture. La chanson La Retenue, par exemple, m'est venue un jour où je me trouvais au pied d'un barrage en me baladant entre le Puy-de-Dôme et le Cantal. C'était tellement beau que quand je suis rentré, j'avais ma chanson.

D'où est venue l'idée des photos en sépia qui accompagnent votre album ?

Ce sont des photos de famille qui viennent de mes grands-parents paternels. Elles ont joué un rôle important car certaines ont inspiré des chansons. C'est pourquoi je ne me voyais pas ne pas les utiliser pour l'artwork de cet album.

Quels sont vos projets pour la suite ?

On va commencer les concerts à la mi-novembre, avec des shows délivrés avec parcimonie car on aimerait faire de belles dates. On en a notamment deux de prévues avec le groupe Giant Sand dans le cadre du Winter Camp Festival. C'est vraiment un rêve qui se réalise car c'est tout simplement un de mes groupes préférés. D'autres concerts sont prévus pour le printemps 2016, l'idée étant toujours de jouer avec des gens qu'on aime bien.

 
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