EXCLU - Max Jury : "Mes chansons sont comme mon journal intime"

EXCLU - Max Jury : "Mes chansons sont comme mon journal intime"©Christophe Rihet, DR
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Clara Lemaire, publié le 18 mai

Avec sa douce voix et ses mélodies d'une rare beauté, Max Jury est déjà comparé aux plus grands : Randy Newman, Tom Waits ou encore Paul McCartney. A 23 ans, ce jeune homme qui vient tout droit des terres basses centrales des Etats-Unis pourrait bien être la relève. Rencontre.

Tu viens de l'Iowa, aux Etats-Unis. Comment se passe la vie là-bas en tant qu'artiste ?

Ça va, c'est comme n'importe où, ça peut être tranquille parfois à Des Moines. Il n'y a pas une énorme scène musicale avec des gros groupes super connus comme à Londres ou à New York, mais il y a des gens vraiment créatifs, il y a une scène artistique. Grandir là-bas c'était vraiment cool et amusant.

Comment es-tu venu à la musique ?

J'ai pris des leçons de piano et de chant vers quatre ou cinq ans, et à douze ans j'ai commencé les leçons de jazz, mais je n'aimais pas beaucoup ça. C'était plus une contrainte qu'autre chose jusqu'à mes seize ans. Mais c'est à cet âge que j'ai réalisé à quel point j'étais chanceux que mes parents me forcent à faire tout ça, car j'avais la connaissance et les outils pour pouvoir m'exprimer en tant qu'artiste. C'est là que j'ai développé un intérêt pour la musique, l'écriture, et toute la méthodologie.

Tu étais bon à l'école ?

Oh mon Dieu non. Enfin je n'étais pas si terrible, je n'ai jamais redoublé, mais la plupart du temps je préférais faire du skate, car j'ai vraiment du mal à rester concentré. J'essayais juste de garder ma tête hors de l'eau. La voie de la musique était toute tracée !

Quelles sont tes influences musicales ?

Elles viennent principalement de ce que mes parents écoutaient : les Beatles, les Rolling Stones, Elvis Costello, la musique soul en général. Curtis Mayfield, Prince aussi. Heureusement ils avaient bon goût ! Après je me suis mis à chercher par moi-même et je suis tombé sur les disques des Flaming Lips, de Pavement, ce genre de choses, vers douze ou treize ans.

Tu aimes les Rolling Stones et faire du Skate, comment se fait-il que tu ne fasses pas de rock avec de grosses guitares ?

Premièrement, je ne suis pas très bon à la guitare ! Mais j'ai joué dans des groupes punks quand j'étais ado, donc je me sens vraiment connecté à ce genre de musique. Un été j'étais vraiment à fond dans le black metal, genre le metal scandinavien. J'ai pas arrêté d'écouter ça pendant deux mois, je ne sais pas pourquoi, je devais être en colère ou frustré ! Du coup j'ai écrit une chanson pour évacuer tout ça (Black Metal sur l'EP All I Want : The Sonic Factory sessions, ndlr). Mais j'ai toujours été plus "Elton John" à l'intérieur de moi, c'est ce que je voulais faire.

Est-ce que comme Elton John tu aimes écrire sur de grands thèmes comme l'amour par exemple ?

Ah oui, toujours les mêmes ! L'amour, la défaite, les erreurs, gérer ces erreurs. La plupart de mes chansons sont autobiographiques, c'est ce qui se passe dans ma vie, c'est comme mon journal intime. J'écris aussi beaucoup de chansons sur mes amis et leurs vies en prétendant que c'est la mienne, car elle est plutôt ennuyante. J'essaye toujours de mettre des rebondissements pour éviter que ça soit juste "une autre chanson d'amour", mais la plupart du temps je m'assieds et j'écris ce qui sort.

Tu es partagé entre l'Europe où tu réussis à percer, et les Etats-Unis où ta vie d'artiste est plus calme, comment gères-tu cette situation ?

Je partage mon temps entre Des Moines et Londres depuis les deux ou trois dernières années. La moitié de l'année je travaille sur ma musique à Londres et l'autre je suis à la maison en train de faire les choses que j'aime. J'ai commencé à écrire l'album dans le calme de l'Iowa. Ça m'a inspiré et aidé à me mettre au travail, et à me demander comment je voulais faire sonner ma musique. Les paysages et les musiques que j'écoutais étant petit sont venus dans mon subconscient et ont affecté ma façon de faire de la musique aujourd'hui.

Il y a beaucoup de mélancolie qui ressort de tes chansons, dans ta musique et dans ta voix... Pourquoi déjà ressentir ce sentiment si jeune ?

Je ne sais pas ! J'ai toujours été un gamin triste. Et même quand j'écoute de la musique je suis attiré vers les chansons plus down-tempo et mélancoliques. Un de ces quatre je vais essayer d'écrire une chanson joyeuse, mais c'est très dur pour moi.

Tu as joué en première partie de Lana Del Rey, qu'as-tu appris d'elle ?

Elle a tout : un style, une voix, j'admire beaucoup ce qu'elle fait. Une chose que j'ai apprise de Lana Del Rey, c'est la façon dont elle interagit avec ses fans. C'est impressionnant de voir le soutien qu'elle reçoit de leur part. Parfois j'ai l'impression que les artistes peuvent être déconnectés de leurs fans, mais pas elle. Je pense que ça l'a beaucoup aidé. A la fin des sets, elle passe littéralement les trente dernières minutes à aller voir son public, à prendre des selfies, à signer des autographes et c'est juste un tiers de sa performance.

Y-a-t-il d'autres artistes avec lesquels tu aimerais collaborer ?

Oui il y en a plusieurs. Je suis un gros fan de James Blake, Frank Ocean aussi. J'adore vraiment le hip hop et la nouvelle vague de r'n'b. Mais s'il y a vraiment quelqu'un que j'aime beaucoup, c'est Kanye West. Il est tellement drôle. Son image publique n'est pas terrible, mais la musique qu'il sort est géniale. C'est l'un de ces personnages avec qui j'aimerais juste m'asseoir dans une pièce et comprendre comment son génie marche. C'est mon but ultime : Kanye !

Max Jury sera en concert à la Gaité Lyrique à Paris le 20 mai 2016.

 
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