EXCLU - Louise Attaque : "Anomalie est la version anglaise du premier album"

EXCLU - Louise Attaque : "Anomalie est la version anglaise du premier album"©Yann Orhan, DR
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Sébastien Jenvrin, publié le 12 février

Après dix années d'absence, le groupe emmené par Gaëtan Roussel signe son grand retour avec "Anomalie". Un album qui renouvelle le son Louise Attaque, sans en altérer l'identité. Rencontre avec la formation, qui s'exprime désormais en trio.

Hormis le single Du monde tout autour en 2011, vous n'aviez rien fait ensemble depuis plus de dix ans. Quel a été le déclic de vos retrouvailles ?Robin Feix (basse) : En janvier 2014, Gaëtan a été mis à l'honneur par l'émission Alcaline, le concert sur France 2 pour son deuxième album solo, et il a invité Louise Attaque pour interpréter deux morceaux. La soirée s'étant très bien passée, on a discuté pendant près d'un an pour savoir si on pouvait offrir de nouvelles choses. C'est ainsi qu'on a défini un cadre pour l'avenir et une nouvelle vision.

En annonçant votre retour en octobre dernier, vous avez déclaré dans Les Inrocks : "On avait l'impression de ne pas avoir tout dit". Que vouliez-vous dire de plus avec "Anomalie" ?Gaetan Roussel (chant, guitare) : On voulait utiliser ce qu'on aime faire ensemble, notre moyen d'expression, pour dire les choses d'aujourd'hui. On n'a jamais fait de chansons engagées ou réalistes dans le propos, par contre on avait envie d'être ensemble. Je crois qu'Anomalie est un disque compact et c'est ce qu'on voulait. Sans être tout le temps dans la même pièce, on voulait se serrer les coudes. Alors qu'en 2006, on prenait l'air, on avait été à droite à gauche, et l'album flânait beaucoup au final.Arnaud Samuel (violon) : On voulait dire par là qu'on avait encore des choses à exprimer "ensemble", en tant qu'ossature fabriquée il y a vingt ans par le hasard des rencontres.

Dans quelle mesure vos divers projets individuels ont influencé la conception d'"Anomalie" ?AS : Ces expériences ont eu une incidence sur deux terrains différents. Le premier n'est pas forcément en rapport avec la musique, il s'agit du sentiment de liberté que l'on ressent au sein du groupe. Chacun a l'envie, la liberté et la personnalité de faire des choses ailleurs. Les autres membres l'acceptent et cela apporte un gain de confiance entre nous. Le deuxième volet, c'est l'expérience que l'on cumule en allant voir ailleurs. Ces expériences individuelles nourrissent le groupe quand on se retrouve et lui permettent de grandir.

Pourquoi avoir décidé de vous séparer de votre batteur de toujours Alexandre Margraff ?GR : On n'avait simplement pas la même vision. On ne l'a pas décidé sans lui, c'est une décision commune. Tous les quatre autour de la table, on a essayé de voir comment établir un projet, une dynamique. Et on s'est aperçu à un moment donné que l'on ne regardait pas dans la même direction. Après vingt ans de relations humaines, ça peut arriver que l'on se détache. Ce n'est pas un choix, c'est ce qui nous est arrivé.

Pourquoi avoir choisi d'enregistrer "Anomalie" uniquement dans de petits studios à droite à gauche (aux Alpilles, à Londres, Brighton, Berlin, Paris) ?GR : Pour le coup, ça c'est un vrai choix. On voulait se retrouver dans de petits endroits, des studios de répétition qui ne sont pas faits pour enregistrer, avec notre propre matériel. On voulait retrouver la porte d'entrée de nos premières chansons, de notre premier album. Et aussi la manière de composer, c'est-à-dire en duo d'abord Robin et moi, puis avec Arnaud ensuite pour peaufiner les compositions.

Comment est née l'idée de collaborer avec le producteur anglais Oliver Som ?RF : Au fur et à mesure de nos périples de composition, entre Londres, Paris, Brighton... on a commencé à avoir une ossature assez solide de la direction musicale que l'on voulait adopter. Les textes étaient en bonne partie écrits. Le fait de ne plus avoir de batteur nous a incité à composer autrement et a déjà apporté une originalité en termes de son. On voulait creuser cette originalité et se confronter à quelqu'un qui puisse l'épaissir et y mettre sa patte tout en gardant l'identité de Louise Attaque. Gaëtan nous a alors proposé Oliver, qui est un batteur avant d'être un producteur. On a apprécié assez rapidement l'apport qu'il a amené sur nos nouveaux morceaux.

Diriez-vous qu'il a joué le rôle d'un quatrième membre ?GR : Plus un producteur, ou alors un musicien additionnel, comme le studio peut l'être. Mais pas dans le sens de l'écriture. L'ADN de Louise Attaque est bien là, mais elle s'exprime avec une palette sonore plus large grâce à lui. Car il a une vision de la musique panoramique.

Avec "Anomalie", on dirait que vous avez cherché plus qu'auparavant à brouiller les frontières entre les genres musicaux...GR : On est très content que vous l'ayez relevé, mais on n'a pas la prétention d'y être parvenu. Et puis, bien d'autres artistes l'ont fait avant nous.

Comment décririez-vous "Anomalie" par rapport aux précédents albums de Louise Attaque ?GR : C'est la version anglaise du premier, tout simplement.

Et si vous deviez comparer le Louise Attaque de 2016 à celui de 1997 ?GR : C'est la version quadra ! (rires)RF : Architecture différente...AS : Et cheveux blanc en plus !

Avec Téléphone (Les Insus), Mickey 3D, Polnareff, Christophe et vous... on assiste actuellement à une grande période de comeback en France... Vous sentez-vous plus particulièrement proche d'un de ceux-là ?RF : De Mickey 3D, peut-être car on a partagé la scène plein de fois. Mais Dionysos aussi d'ailleurs, on a même joué ensemble. Donc, générationnellement, on se sent plus proche d'eux.GR : Personnellement, je me réjouis de pouvoir voir Téléphone cette année, même s'ils ne sont pas de notre génération. Et j'adore le single de Christophe, Dangereuse.

Avez-vous d'autres projets de prévus ensemble après la tournée ?GR : Pas définis à 100%. J'ai une petite idée qui me trotte en tête mais qu'il faut que l'on construise.

 
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