EXCLU - La Femme : "Mystère est un nom qui nous colle bien à la peau"

EXCLU - La Femme : "Mystère est un nom qui nous colle bien à la peau"©LCC Copie, DR
A lire aussi

Sébastien Jenvrin, publié le 2 septembre

Adoubé par la critique en 2013 grâce à un premier album aux accents psychédéliques, "Psycho Tropical Berlin" (2013), La Femme revient encore plus fort avec "Mystère", qui sort aujourd'hui en France. Un disque foisonnant qui se joue des styles pour mieux imposer le sien, entre subversion et liberté. Rencontre avec les deux têtes pensantes du groupe, Marlon Magnée (claviers) et Sacha Got (guitare, thérémine).

Pourquoi avoir choisi de titrer ce nouvel album "Mystère", qui est également le pseudo utilisé pour le défilé Yves Saint Laurent l'an passé ?MM : C'est un nom qui nous colle bien à la peau. Et comme on n'arrivait à se mettre d'accord sur aucun titre, on s'est dit 'partons là-dessus'. Quant au défilé Saint Laurent, on avait rencontré Hedi Slimane au Psych Fest. Et il a bien aimé notre musique. On a commencé à devenir potes, et on lui avait dit que ça nous botterait bien de faire une musique de défilé. Un jour, il nous a appelé en nous disant 'si vous voulez y'a le défilé homme qui arrive et j'ai besoin d'un morceau de 20 minutes'. On a dit ok et on a kiffé faire un morceau de cette longueur.

Est-ce que ce titre a influencé la longue plage que l'on trouve en clôture de votre nouvel album ?MM : Non, non, on a toujours été attiré par les longues pistes.

Comment décrirais-tu l'album "Mystère" par rapport à "Psycho Tropical Berlin" ?MM : C'est la même chose en plus profond. Il est également plus fort et plus puissant. Le travail sur les textes et les arrangements est peut-être plus abouti.

Le single "Sphynx" est assez différent de vos chansons passées avec une ambiance hypnotique nouvelle. Comment ce morceau est-il né ?MM : Le morceau est né après un trip qu'on s'est fait au Psych Fest sur un iPad. On s'est un peu imprégné de l'univers psychédélique et planant du festival. Le clip, je l'ai co-réalisé avec Aymeric Bergada Du Cadet, un pote à moi avec qui on fait les costumes depuis les débuts de La Femme. Ce mec ne fait pas que des costumes, il est super créatif dans tous les sens et fait beaucoup de direction artistique pour nous.

Avec ce clip, j'ai eu l'impression de voir un film d'Alejandro Jodorowsky. Est-ce une référence ?MM : Oui, y'a un peu de ça... C'est le côté symbolisme qu'on adore et qu'on a voulu retranscrire. Jodorowsky ayant été influencé par les symbolistes, ta comparaison ne me surprend pas.

D'autres cinéastes vous ont-ils inspiré ?MM : J'aime bien Fritz Lang et son "Metropolis"...

Comment est née la nouvelle direction orientaliste de l'album, avec ses instruments exotiques et son chant en arabe sur un morceau ?Sacha Got : Depuis toujours, c'est quelque chose qui nous tient à coeur. On expérimentait déjà des sonorités orientales sur nos premières démos. On a fait d'autres morceaux assez puissants dans ce goût-là qu'on a décidé de garder pour l'album. Ça a donné Al Warda et Psyzook.

Vous avez composé une trentaine de morceaux depuis 2013. Comment avez-vous sélectionné les 15 chansons de l'album ?MM : On a pris les plus abouties, ceux qui étaient les plus finies et prêtes à être enregistrées.

Barclay a-t-il eu son mot à dire ?MM : Non, pas du tout. Ils nous laissent vraiment libres dans nos choix. C'est plus au niveau des mises en avant dans les magasins qu'on s'inquiète. Pour le côté artistique, on a notre entière liberté.SG : Oui, ça se passe super bien. On n'a aucune pression. Et, malgré ce qu'on peut penser sur les majors, elles sont plutôt tranquilles en fait. On souffre juste de ne pas être la priorité du grand groupe Universal. Faut passer Céline Dion, Hélène Ségara, Stromae et tous ces trucs là en priorité.

En quoi est-ce important pour vous de continuer à réaliser vos clips, les pochettes de vos albums et vos affiches ?SG : On veut juste s'assurer que ce soit bien fait, et selon notre vision. Après si on délègue à des personnes qui vont faire les choses comme on les entend ça peut être bien aussi. On n'est pas fermé sur cette question.

Pourquoi choisir de faire chanter certains de vos textes par des voix féminines ? Ce qui peut créer un troublant décalage, comme sur le single "Septembre"...SG : Des fois, c'est simplement qu'on fait des morceaux dont on sait que ça rendra mieux avec une voix de meuf. On se dit que la même chanson avec une voix de mec sonnerait plus ringarde. Chanter en français avec une voix de mec, c'est super dur. Pour moi, ceux qui y sont arrivés, ils sont déjà morts.

Vos textes donnent l'impression d'aller au-delà du masculin/féminin, de se moquer du genre. Vous avez même écrit une chanson sur une mycose...SG : C'est juste un truc qui arrive à tout le monde en fait. C'est peut-être marrant comme sujet, mais c'est quelque chose dont on ne parle jamais... et nous on a décidés d'en parler. Dans la chanson, la fille qui a une mycose part dans un délire, elle se met à flipper de toutes les bactéries et veut partir dans l'espace, là où il n'y a pas de champignons.

Est-ce qu'on peut écrire sur n'importe quel sujet ?SG : Bah ouais, à la base c'est un sujet tout bête et un peu dégueu. Mais tu peux le tourner pour que ça devienne marrant ou surréaliste. Les thèmes de nos chansons qui reviennent le plus fréquemment sont les relations, ce qui reste assez classique. Mais on a déjà écrit un morceau sur un ressort pour notre premier album.

À vos débuts, on vous a collé l'étiquette de chef de file d'une nouvelle scène "french pop" avec des groupes comme Mustang, Lescop ou Aline. Quel regard portez-vous sur cette "scène" en 2016 ?MM : On est là au même moment. Tout le monde a à peu près le même âge, donc dans une certaine mesure, cette scène est sensée. Après, ce n'est pas du tout une scène musicale cohérente. Ça part dans tous les sens. Notre seul dénominateur commun, c'est le chant en français. Mais, c'est sûr qu'on se sent plus proches de ces groupes là que du rap ou de la techno... ou de Justice.

Sur le morceau caché à la fin de l'album, vous chantez en anglais. Est-ce que c'est quelque chose que vous ferez davantage à l'avenir ?SG : Ouais, carrément. Certains morceaux qu'on a faits sonnaient mieux en anglais. Le choix de la langue nous vient naturellement pendant l'écriture.

 
0 commentaire - EXCLU - La Femme : "Mystère est un nom qui nous colle bien à la peau"
  • avatar
    [=pseudo.pseudo] -

    [=reaction.title]

    [=reaction.text]

avatar
[=pseudo.pseudo] -

[=reaction.text]