EXCLU - Hinds : "On ne voulait pas de garçon dans notre groupe"

EXCLU - Hinds : "On ne voulait pas de garçon dans notre groupe"©Chad Kamenshine, DR
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Sébastien Jenvrin, publié le 8 janvier

Révélées en 2014 après avoir assuré les premières parties des Vaccines, Libertines et autre Black Lips, les quatre Espagnoles de Hinds (ex-Deers) publient aujourd'hui leur premier album, le pétillant Leave Me Alone. Orange Musique les a rencontrées en octobre dernier, lors de leur premier passage à Paris, au Pitchfork Music Festival. L'occasion de faire les présentations le temps d'une interview mots-clés.

"Deers"

Ana Perrote (chant, guitare) : En novembre 2014, alors que l'on venait tout juste de finir notre première grosse tournée mondiale sous le nom de Deers, on a reçu un mail de l'avocat d'un groupe canadien baptisé The Dears, nous demandant expressément de changer de nom pour éviter tout amalgame. On a demandé conseil à plusieurs personnes de notre entourage, qui étaient tous persuadés que cela s'arrangerait.Carlotta Cosials (chant, guitare) : Notre manager nous a conseillé d'envoyer un mail non pas à l'avocat mais directement au groupe pour essayer de le convaincre de nous laisser tranquille. Un truc du genre "vous êtes un groupe, nous aussi, on devrait donc pouvoir trouver un terrain d'entente". Cette histoire est d'autant plus ridicule que nous ne venons pas de la même scène, nous ne faisons pas la même musique et nous n'avions même pas tout à fait le même nom. Malgré nos arguments, ils n'ont rien voulu savoir. On a donc dû se rebaptiser Hinds ("biches"), le féminin de Deers ("cerfs") en anglais, tout simplement. Par chance, le mot sonne aussi bien et est aussi court... et, plus important, il n'est pris par aucun autre groupe.

"Filles"

AP : Le fait que Hinds soit un groupe 100% féminin n'est pas une simple coïncidence. Nous avons longtemps cherché une bassiste mais il n'y avait que des mecs disponibles. On a finalement demandé à Ade, qui est guitariste à l'origine, d'occuper ce poste. On ne voulait pas de garçon dans notre groupe car tout le monde aurait alors pensé qu'il serait à l'origine des paroles, des compositions, etc. Et nous aurions été vues simplement comme les jolies nanas qui l'accompagnent. Être un groupe garage 100% féminin était important pour nous car dans l'imaginaire collectif, le rock'n'roll est un truc de mecs alors que pas du tout en fait. D'un autre côté, on ne veut pas non plus que nos paroles soient girly. On fait vraiment attention à ce qu'on écrit pour que les garçons de notre public puissent chanter nos chansons en concert.

"Madrid"

Ade Martin (basse) : Cette ville, c'est un état d'esprit qu'on emmène partout où on va. L'esprit Madrid, c'est aussi simple qu'être assis par terre avec toi, notre canette de bière à la main, plutôt qu'être dans une salle d'interview à l'intérieur. Dans les soirées clubbing, on ne reste jamais longtemps à l'intérieur, on préfère fumer une cigarette, boire et discuter pendant des heures à la belle étoile avec nos potes. Peu importe la ville où l'on se trouve, on essaie de retrouver ça.

AP : A Madrid, il y a une petite scène garage-rock qui est très créative. On se connaît tous et chaque groupe supporte énormément les autres formations. Il n'y a pas du tout de concurrence. Beaucoup d'autres groupes, même si on ne les connaît pas beaucoup, sont fiers de notre parcours.

"Garden"

CC : C'est la première chanson de l'album et, de loin, notre préférée car elle est vraiment le fruit d'un travail collectif. D'ailleurs, on se partage le chant sur ce titre : je chante un vers en forme de question et les filles me répondent pendant le vers suivant. Quant au clip, il a été réalisé par Pedro Martin-Calero. On était hyper heureuses lorsque le label nous a proposé qu'il se charge de mettre en images Garden car on est fan de son travail.

AP : On était ravies qu'il fasse cette vidéo avant qu'il ne devienne aussi populaire que Wes Anderson.

CC : On ne voulait pas d'un clip de plus qui nous présente comme un gang de filles inaccessibles et prêt à en découdre à la moindre occasion. Donc l'aspect arty et surréaliste de la vidéo, avec ses nombreuses métaphores, nous a aussitôt conquises. Il a eu le champ libre pour développer à fond son imagination. La seule demande de notre part, c'était qu'il y ait une poule dans le clip, car on fait une obsession sur les poules.

"Black Lips"

AP : On a toujours été fans des Black Lips (NDLR, groupe garage américain formé en 1999, réputé pour leurs concerts chaotiques). Leurs chansons, extraits live et autres vidéos acoustiques n'ont aucun secret pour nous. Pourtant, on ne les avait jamais vus sur scène avant l'été 2014. Ce jour-là on était comme des folles au premier rang, à tenter de survivre au milieu des pogos. Le même été, durant le festival Paredes de Coura, au Portugal, on les a revus sur scène. Toujours au premier rang, on leur a jeté un 45-tours vinyle de Barn, notre deuxième single, qu'ils se sont empressés de mettre en avant sur leur batterie. La grande classe ! En novembre 2014, on a eu l'occasion d'assurer leur première partie à Londres. Après quoi, ils nous ont invitées à ouvrir pour eux pendant toute une tournée. Depuis, ils sont devenus des potes. Parmi nos influences majeures, on adore également Mac DeMarco, avec qui on devrait jouer prochainement.

Hinds sera en concert le 13/01 à Tourcoing (Le Grand Mix), le 18/01 à Lyon (Le Périscope), le 29/02 à Paris (Badaboum) et le 1/03 à Toulouse (Le Saint des Seins). L'album Leave Me Alone sort le 8 janvier (avec un CD bonus 2 titres de Deers contenant la reprise de Thee Headcoatees, Davey Crockett, et l'inédit When It Comes To You).

 
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