EXCLU - Griefjoy : "On se sent plus à l'aise et en phase avec notre musique"

EXCLU - Griefjoy : "On se sent plus à l'aise et en phase avec notre musique"©Etudes Studio, DR
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Clara Lemaire, publié le 21 avril

Révélé en 2013 grâce au tube Touch Ground et un premier album studio très réussi, Griefjoy est de retour le 22 avril avec Godspeed. Un deuxième effort qui confirme le goût du quatuor pour les sonorités électro, et qui affirme un peu plus l'identité qu'ils cherchaient depuis leurs débuts. Rencontre avec Guillaume Ferran, le chanteur et pianiste du groupe.

Vous prenez un virage très électro sur ce nouvel album, comment expliquez-vous cette évolution ?

Guillaume Ferran : C'était la suite logique pour le groupe. Ça s'est fait assez naturellement et rien n'a été calculé. C'est juste qu'il s'est passé trois ans entre le premier et le deuxième album, et la tournée nous a incité à aller vers plus d'efficacité, donc on a eu de plus en plus d'influences issues de la scène électro. Dans les live on arrive avec toute notre énergie, on a envie de faire danser les gens.

Vous faites le grand écart entre des titres très techno et des titres grand public, est-ce que c'est un autre moyen de revendiquer cette dualité qui existe chez Griefjoy ?

GF : Finalement que ce soit pop ou techno, on utilise les mêmes sons, après c'est la manière de les utiliser et de les insérer dans un morceau avec une mélodie qui est différente. Mais oui, on aime bien jouer là-dessus, c'est en nous. Quand on parle de nos influences, on cite Moderat, Grizzly Bear mais ça m'est déjà arrivé de citer Justin Bieber ! On a ce goût de la mélodie pop et de ce truc populaire où tout le monde connaît la chanson, et en même temps on aime aussi la musique torturée, contemplative, qui prend le temps de dire les choses et qui n'est pas forcément contrainte à un format dit "radio".

D'ailleurs vous avez pour souhait d'être un groupe "clivant", un groupe soit adoré, soit détesté, pourquoi ça ?

GF : Il y a souvent cette phrase qu'on cite, d'un grand sage qui s'appelait François-Xavier, "FX" (un ancien candidat de Secret Story 3, ndlr.) qui malheureusement nous a quittés, et qui disait "qu'on parle de moi en bien ou en mal, je m'en fous tant qu'on parle de moi". Pour nous, un projet n'est pas énorme tant qu'il n'y a pas des gens sur internet qui viennent cracher leur venin, comme il y en a pour Christine and the Queens ou sur Fauve. En fait, on a toujours cherché ça. On est un peu maso, mais je pense que c'est le signe qu'on dérange, et artistiquement c'est ce qu'on cherche. Pour nous faire de l'art c'est questionner, c'est interpeller. Si c'est juste être lisse et faire de la musique pour faire de la musique, c'est pas très intéressant.

Ces nouveaux morceaux techno ne sont-ils pas également un moyen de casser l'image un peu lisse de groupe électro-pop qu'on vous avait collée au premier album ?

GF : Y a un moment où on a eu l'impression que les gens ne captaient pas vraiment qui on était et ça, ça nous a un peu frustrés. C'est pour ça qu'on est revenu avec le titre Godspeed, pour dire 'attention, on sait faire autre chose'. Beaucoup de gens nous connaissaient à travers le morceau Touch Ground sur le premier album. C'est un titre qu'on adore, mais on avait quand même envie de montrer que notre identité était un peu différente.

C'est dur de se trouver une identité musicale quand on est un jeune groupe ?

GF : Oui, et c'est pour ça qu'on se sent beaucoup plus à l'aise et en phase avec notre musique aujourd'hui car on a pris un peu de recul. On a fait beaucoup de concerts, on a testé plein de choses et ça nous a permis de cerner un peu plus ce qu'on voulait. Ce disque-là pose les nouvelles bases de ce qu'est Griefjoy. On est en recherche d'identité depuis toujours, là j'ai l'impression qu'on est un peu serein avec ça et qu'on a un peu trouvé notre truc.

Au-delà de des sonorités électro qui font danser, vous abordez aussi des sujets plus lourds comme dans "Scream Structure" dédié aux "grands absents" de vos vies...

GF : Pour nous c'était un disque un peu bizarre parce que c'était un moment de grande joie, mais on l'a fait durant l'année 2015, une année assez terrible pour plein de gens. Donc on avait besoin de ce morceau qui est un peu un cri de rage et de tristesse, mais aussi un morceau qui fait du bien. C'est pour ça que c'est notre préféré à tous.

Vous avez eu beaucoup de succès avec votre premier album, comment réagit-on quand on lit partout qu'on est "la relève" de la musique française ?

GF : C'était un peu abstrait pour nous et pour être franc, j'ai l'impression de lire ça un article sur deux, sur n'importe quel artiste. Les gens sont dithyrambiques pour rien et parfois ça me pose un souci. C'est con, je devrais les remercier d'avoir dit ça, mais quelque part je crois que ça sert à rien, ça ne veut rien dire "la relève". On ne le saura que si ça marche vraiment.

Ça vous a mis un peu la pression pour faire cet album ?

GF : On est toujours très insatisfaits par rapport à notre art, du coup on n'avait pas l'impression de faire mieux parce que dans notre tête, il était déjà nul ! On passe notre temps à vouloir faire différemment. Mais il n'y avait pas de pression du tout car quand on a commencé, on s'est aperçu qu'on était super à l'aise avec ce qu'on faisait, ça sortait bien. Du coup on a su très vite que ça allait être facile.

Quelle est la prochaine étape de Griefjoy, est-ce que vous visez des récompenses comme les Victoires de la Musique par exemple ?

GF : On est partagés entre le rêve d'enfant et puis ce que ça représente finalement. On serait content d'en avoir une, mais ça représente surtout le milieu de la musique, pas le public. Pour l'instant la prochaine étape, c'est d'arriver à faire ce qu'on fait en France dans chaque pays. C'est un million de fois plus de boulot mais on est parés, on a envie de le faire.

 
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