EXCLU - Eléphant : "on se sent plus proche de Stromae que d'Etienne Daho"

EXCLU - Eléphant : "on se sent plus proche de Stromae que d'Etienne Daho"©Sony/Columbia, DR
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Sébastien Jenvrin, publié le 12 avril

Trois ans après un premier album de pop croquignolette, Collective Mon Amour (2013), Eléphant est de retour avec Touché coulé, un disque qui marque un tournant électro-pop. Rencontre avec le duo formé par Lisa Wisznia et François Villevieille.

A l'époque du premier album vous étiez en couple, plus aujourd'hui. Qu'est-ce que cela a changé dans votre manière de travailler ?

François Villevieille : Ça n'a pas changé grand-chose bizarrement. Quand on est ensemble pendant huit ans, il y a beaucoup d'automatismes qui restent encore un moment. Ce qui a été intéressant c'est de développer très lentement une nouvelle manière de se parler.

Lisa Wisznia : On était encore ensemble quand on a commencé à écrire nos nouveaux morceaux. Après notre rupture, François a continué à les travailler seul, puis j'ai finalement apporté ma touche sur la fin. Certaines chansons ont d'ailleurs évolué du fait de notre séparation. Par exemple, sur Adieu toujours, à la base, on chantait "Oh mon amour, qu'il dure toujours" et c'est devenu "Oh mon amour, adieu toujours". C'était plus de circonstance.

Le propos de ce deuxième album est nettement moins polissé, beaucoup plus amer. Etait-ce quelque chose de voulu ?

LW : C'est simplement ce qu'on ressentait, de l'amertume et parfois de la haine. Sur le premier album, les gens nous ont découvert de manière très mignonne et colorée. Notre côté sombre est plus ressorti avec cet album.

FV : C'est un peu le penchant des groupes qui paraissent très joyeux. Un peu comme les humoristes, qui sont souvent très sombres dans la vie. Mais musicalement, on a souhaité que cela reste festif, on a simplement un peu sali notre son très pop en allant chercher du côté des musiques urbaines.

Diriez-vous que "Touché coulé" est un album de rupture ?

FV : Certainement, oui.

LW : Mais on n'est pas les seuls à en faire. Benjamin Biolay passe son temps à en sortir, et c'est toujours très réussi. J'adore également LØVE (2013), de Julien Doré.

A l'époque de "Collective Mon Amour", vous aviez été parodiés par le Palmashow, qu'aviez-vous pensé de ce sketch ?

FV : On a ressenti une grande fierté d'être parodié par ces mecs hyper talentueux. Ils ont un côté fin et populaire à la fois que j'aime beaucoup. Ce sont des vrais bosseurs et ça se ressent avec cette parodie à la production vraiment bien travaillée.

LW : C'était vraiment une belle caricature de ce qu'on a pu faire, mais aussi de groupes comme Lilly Wood & the Prick et Angus & Julia Stone.

Est-ce pour se distinguer de ces groupes de pop en français que vous avez pris une nouvelle direction ?

LW : On a surtout souhaité faire quelque chose qui nous ressemble davantage. Le premier album avait été fait rapidement. C'était le début et on ne savait pas encore bien qui on était. Puis, au fur et à mesure des concerts, on a compris qu'on voulait un peu durcir le ton. On avait vraiment envie que ça pète un peu plus.

FV : Sur le premier album, on est passé en studio dans les mains d'un réalisateur, du coup c'était très typé acoustique, même s'il y avait un tout petit peu de synthé. Pour celui-ci, j'ai fait une recherche de production plus en phase avec les choses que j'aime, à savoir l'électro, le hip-hop, la trap music. Je me suis fait des banques de sons qui m'ont permis de trouver les outils pour faire ce disque. D'ailleurs, tout tient dans mon laptop.

De la composition à la production, en passant par la réalisation des clips, vous faites beaucoup de choses seuls. Ce côté "do it yourself", est-ce un choix ou une question de manque de moyen ?

LW : Dès nos débuts, on a fait nos clips nous-mêmes. Mais on a mis du temps à comprendre que c'est vraiment une démarche qui nous tenait à coeur. Il y a eu des moments où on a pu se dire 'mince, quelqu'un ne pourrait pas nous aider là ?' Mais on s'est rendu compte qu'Eléphant fonctionnait mieux comme ça.

Depuis que vous avez commencé Eléphant d'autres groupes de pop en français ont émergé, tels que La Femme, Perez ou The Pirouettes. Est-ce que ce sont des groupes que vous écoutez ?

FV : J'adore La Femme, je trouve que leur premier disque est incroyable. Je n'aimais pas trop au début, puis on a fait une scène avec eux et je suis tombé sous le charme. Après, on ne se sent pas du tout proche de cette scène un peu revival eighties. En termes de ligne vocale, je ne trouve pas que ce soit une période intéressante, c'est même assez monotone. Après, oui ça groove, les instrus sont cools, les fringues aussi, mais clairement je préfère Stromae à Etienne Daho. Ça me touche davantage comme ligne mélodique. Le revival, ce n'est pas quelque chose qui nous caractérise.

Comment est venue justement l'idée des reprises de Stromae ("Tous les mêmes") et de Booba ("Validée") que vous avez diffusé sur Internet ?

LW : Ce n'était pas prémédité, on a eu envie de faire ça et on n'a pas trop réfléchi, pour une fois. L'idée de ces reprises, c'est simplement de les prendre à la racine pour mieux épurer les chansons, comme si on les dépouillait de leurs arrangements. Des gens nous ont dit qu'on les avait réconciliés avec Booba, donc on était contents.

FV : Récemment, j'ai proposé à François de reprendre Garou et Céline Dion, ou même Maître Gims, Sapés comme jamais. Ça serait cool d'en faire un truc hyper doux, un peu dramatique et mélo, avec une guitare sèche et des violons.

 
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