EXCLU - Cat's Eyes : "La musique baroque est à l'origine de tout"

EXCLU - Cat's Eyes : "La musique baroque est à l'origine de tout"©Raf Records, DR
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Sébastien Jenvrin, publié le 3 juin

Un an après la bande originale du film The Duke of Burgundy, Cat's Eyes est de retour avec un deuxième album studio baptisé Treasure House. L'occasion pour le duo formé par Faris Badwan (The Horrors) et Rachel Zeffira de présenter leur univers pop-baroque en cinq mots-clés.

Girl Group

Faris Badwan : Quand on a commencé Cat's Eyes, j'ai fait une compile pour Rachel qui ne comportait que des morceaux de girl groups (groupes de filles en vogue dans les années 1960, ndlr.), en hommage aux Ronettes que j'écoutais à la radio étant gamin. Ce qui me plaît encore aujourd'hui, c'est ce son tellement dense et la manière dont tous les instruments sont en symbiose. C'est tout à fait le genre de production qui a influencé notre premier album (Cat's Eyes, 2011). Mais sur le nouveau, on s'est peut-être un peu éloigné du son girl groups, excepté sur le single Be Careful Where You Park Your Car, qui a été composé au moment de notre premier LP. On s'est amusé à écrire celui-ci car c'est un peu une version actualisée de ce qui se chantait dans les années 1960. Et surtout, c'est la première fois que Rachel chante de cette manière, un peu en mode badass.

Hautbois

Rachel Zeffira : Puis-je te raconter une anecdote ? Quand j'avais 17 ans, j'ai voulu me faire un tatouage un peu original. Puisqu'un hautbois - mon instrument préféré - aurait été trop complexe, j'ai demandé si c'était possible de me faire une anche de hautbois (cette partie de l'instrument en roseau qui vibre pour produire le son, ndlr.). Sauf que le mec au téléphone qui était censé me faire le tatouage a compris "ovary" ("ovaire", en français) au lieu de "oboe reed" ("anche de hautbois"). Heureusement, cette histoire ne m'a pas dégoûté des tatouages, ni du hautbois, que l'on retrouve sur Treasure House, notamment sur le morceau We'll Be Waiting.

Bande-originale

RF : Le réalisateur Peter Strickland nous a permis de signer notre toute première bande originale pour son film The Duke of Burgundy (2014). Pour ce projet, il nous a donné carte blanche et nous a fait totalement confiance, en nous donnant uniquement les grandes lignes de ce qu'il voulait. C'était vraiment une collaboration idéale et un excellent moyen de pousser notre créativité. D'ailleurs, on se verrait bien refaire d'autres bandes originales à l'avenir.

FB : C'est très différent comme processus que travailler sur un album studio de Cat's Eyes. Car, on se retrouve nez à nez avec les images d'un film qui ne correspond pas entièrement à notre univers et à partir desquelles on doit broder quelque chose qui ne peut être de simples chansons. Une de mes BO préférées est sans conteste celle de Paris, Texas, qui colle parfaitement au film. Au-delà des soundtracks, j'aimerais beaucoup qu'un réalisateur utilise des morceaux de Cat's Eyes déjà existants pour un nouveau film. Ce serait intéressant de voir comment il visualise notre musique.

Canon de Pachelbel

RZ : Beaucoup de chansons pop ont été inspirées par des oeuvres baroques comme le Canon de Pachelbel ou je ne sais quel morceau de Bach. Certains pensent d'ailleurs que notre single Chameleon Queen en est une nouvelle version. En réalité, quand on a composé ce morceau, nous avions plus en tête une oeuvre d'Haendel intitulée Eternal Source of Light Divine. En l'écrivant, j'ai changé un accord car je ne voulais pas que cela ressemble trop à Haendel, mais le morceau s'est rapproché accidentellement de Procol Harum (la chanson A Whiter Shade of Pale, ndlr). Alors, j'ai encore changé d'accord, et au final ça ressemble effectivement au Canon de Pachelbel. Après, il existe des chansons bien plus ressemblantes, comme la ballade folk de Ralph McTell intitulée Streets of London. C'est marrant qu'autant d'artistes contemporains reviennent à cette oeuvre comme s'il s'agissait d'une source. Je pense que la musique baroque est à l'origine de tout.

Amour vache

RZ : C'est étrange que notre clip Drag (qui met en scène de manière décalée le couple Badwan-Zeffira en pleine violence conjugale, ndlr.), soit controversé alors que les gens sont envahis par la violence à la télé, dans les séries, les films et même devant les informations. Sans doute que certains n'ont pas compris qu'il s'agissait d'une fiction. Rassurons le public, aucun de nous deux n'a été blessé pendant le tournage.

FB : Ce n'est pas le réalisateur James Lawes qui a eu l'idée de cette scène conjugale à la manière du film La Guerre des Rose (1989). J'avais dessiné un storyboard assez complet sur mon carnet et on l'a contacté pour qu'il le réalise. On a pensé à lui car il avait réalisé une campagne de prévention assez choquante pour la télévision britannique que nous avions aimée.

 
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