EXCLU - Baptiste W. Hamon : "j'aime l'Amérique de façon irrationnelle"

EXCLU - Baptiste W. Hamon : "j'aime l'Amérique de façon irrationnelle"©Franck Loriou, DR
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Sébastien Jenvrin, publié le 11 mars

Amoureux du country-folk américain et des belles lettres françaises, Baptiste W. Hamon publie aujourd'hui L'Insouciance. Un premier album enregistré à Nashville qui fait rimer la poésie française avec les airs de banjo et de violon. Rencontre avec le folkeux frenchy.

Comment est née ta passion pour le folk, la country et l'Amérique des grands espaces ?

J'aime l'Amérique de façon irrationnelle depuis mon enfance, où je jouais avec mes Playmobil nordistes et sudistes. Ce pays m'a toujours renvoyé un fantasme de grands espaces et de liberté, qui fonctionne grâce à un puissant imaginaire véhiculé par les westerns de John Ford et les romans de Faulkner, un auteur que j'ai découvert bien plus tard. Mon vrai déclic amoureux pour le folk, c'est lorsque je suis tombé par hasard sur un article qui parlait du musicien Townes Van Zandt. Un nouveau monde s'est ouvert à moi. J'ai eu soudain l'impression d'être fait pour écouter ce genre de musique. J'ai compris qu'il y avait quelque chose dans la voix de ce mec, dans la poésie de ses textes qu'il fallait creuser. A partir de lui, j'ai déroulé le fil du folk texan, puis plus généralement américain avec des artistes comme Leonard Cohen, Bob Dylan, mais aussi des moins connus tels que Guy Clark, John Prine, etc.

Comment es-tu passé du projet Texas in Paris, où tu chantais en anglais, à celui de Baptiste W. Hamon ?

Après 2-3 ans à écouter de la country-folk, j'ai commencé à vouloir en faire et à composer des choses sans grande ambition, plutôt pour chanter devant les copains. Assez naturellement, j'ai d'abord écrit en anglais car 99% de ce que j'écoutais était chanté dans cette langue et aussi parce que je vivais à l'époque en Norvège, où c'était la langue commune avec mon entourage. Parallèlement, j'ai toujours écrit des poèmes en français, sans prétention. Au fil du temps, j'ai compris que les chanteurs américains que je vénérais étaient tous des songwriters et des poètes, que leurs paroles étaient un élément essentiel de leur musique. Je me suis dit que ma démarche avait des limites car en chantant dans une langue qui n'était pas la mienne, je ne pouvais pas être aussi sincère. C'est alors que je me suis mis à écouter beaucoup de chanteurs francophones comme Brel, Barbara, Reggiani ou Jacques Bertin. Ce chanteur m'a particulièrement marqué pour sa poésie abstraite. J'aime cette idée de chansons sans compromis. Parmi les contemporains, je retrouve ça chez Bertrand Belin. Derrière son univers un peu americana et folk, ce type est un vrai littéraire.

Comment en es-tu venu à enregistrer ton album à Nashville avec le producteur Mark Nevers ?

On avait prévu d'enregistrer l'album en avril 2015. Parallèlement, en mars dernier, on a joué au festival SXSW à Austin, Texas. Quand j'ai appris qu'on se produirait là-bas, j'ai suggéré à mon manager de profiter d'être aux Etats-Unis pour enregistrer sur place. Il a dit 'oui' tout de suite. De mon côté, j'ai contacté Mark Nevers, qui avait travaillé avec des artistes que j'aime énormément comme Bonnie "Prince" Billy, Vic Chesnutt, Lambchop, etc. Il a répondu rapidement et ça s'est fait assez facilement, à ma grande surprise.

Sur ton album, il y a trois duos : avec Will Oldham, Alma Forrer et Caitlin Rose. Avec qui rêves-tu de chanter à l'avenir ?

Quand on m'a posé la question il y a deux ans, j'avais dit Will Oldham... donc j'ai intérêt à bien réfléchir. Qui sait, mes voeux pourraient encore se réaliser. Au-delà des artistes, ce que j'aime dans l'idée des duos c'est créer des liens entre des univers pas forcément cohérent à première vue. Dans mon prochain disque, j'essaierai de faire d'autres duos ou des collaborations avec des artistes différents. Je n'ai rien contre l'idée de bosser avec des rappeurs, par exemple. Au contraire, j'aimerais surprendre... tant que ça reste avec une certaine exigence littéraire. De toute façon, je ne m'imagine pas virer vers la techno minimale non plus.

Hormis "Joséphine", tes chansons sont assez mélancoliques. Est-ce une caractéristique inhérente à la country-folk ?

Cette impression vient très certainement de l'influence qu'a eu Townes Van Zandt, dont les chansons sont absolument toutes tristes et sans espoirs. Même si je suis quelqu'un de joyeux et d'optimiste, rien ne m'émeut plus qu'entendre des chansons noires et sans espoirs. Les émotions sont plus fortes qu'avec des chansons joyeuses, à mon sens.

"L'Insouciance" est parfait pour écouter en voiture sur les routes de campagne. C'est quoi ton album ou ta chanson préféré(e) pour la route ?

Un des albums qui m'a donné le plus envie de partir faire un road-trip aux Etats-Unis, c'est sans aucun doute Nebraska de Bruce Springsteen . Je l'ai beaucoup écouté sur les routes quand j'étais là-bas, même si je ne suis encore jamais allé au Nebraska.

As-tu d'autres projets après la sortie de ton album ?

Je commence à écrire de nouvelles chansons pour sortir un jour sur un deuxième album. En parallèle, j'aimerais publier un roman que j'ai écrit et deux recueils de poème sur lesquels je travaille en ce moment. J'essaye de regarder plus loin que la musique car l'écriture m'intéresse tout autant. Même si j'espère pouvoir faire une belle tournée après la sortie de l'album et présenter mes chansons à un public.

 
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