EXCLU - Aline : "On n'a pas envie de faire de la musique de niche"

EXCLU - Aline : "On n'a pas envie de faire de la musique de niche"©Paul Rousteau, DR
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Sébastien Jenvrin, publié le 22 septembre

Le groupe marseillais Aline vient de publier son deuxième album, La Vie Electrique. L'occasion d'évoquer sa collaboration avec le producteur Stephen Street (The Smiths, Blur) et son émancipation de la scène "french pop". Rencontre avec le chanteur Romain Guerret et le guitariste Arnaud Pilard.

Comment avez-vous abordé l'étape du difficile deuxième album ?

Arnaud Pilard : On n'a pas voulu traîner et trop tergiverser. Pour éviter de se mettre la pression, on est vite remonté à cheval. Le marché de la musique est tellement volatile qu'il ne faut surtout pas se faire oublier, surtout quand on commence sa carrière. Peut-être qu'on se permettra de prendre plus notre temps pour le troisième.

Romain Guerret : On avait aussi quelques bases nouvelles que l'on souhaitait expérimenter rapidement. Et des envies particulières : mettre un peu plus de synthés, baisser un peu les guitares. Aller vers d'autres styles, d'autres couleurs.

Ces nouvelles directions ont-elles à voir avec l'arrivée du producteur anglais Stephen Street ?

AP : Elles étaient présentes dès l'étape de pré-production. Stephen Street a certes mis sa patte, mais il n'a pas bouleversé les morceaux. D'ailleurs, ce n'est pas sa manière de faire. Son truc, c'est de prendre le son d'un groupe et de le magnifier. Ça ne l'intéressait pas de nous transformer en Blur ou en Smiths. Et nous non plus d'ailleurs.

RG : Il voulait le son d'Aline. Et pour lui, on fait de l'"Europop". Une notion bien anglaise qui englobe la musique populaire d'Allemagne, d'Italie et de France. Pour les Anglais, tout cela est très exotique.

Comment cette collaboration est-elle née ?

AP : On nous avait demandé de faire une liste de producteurs avec lesquels on souhaitait travailler. On a donc mis les gens avec qui collaborent la plupart des groupes français du moment. Des producteurs français qu'on apprécie. Mais on voulait sonner différemment, donc on a mis Stephen Street tout en bas de la liste, sans y croire. On a trouvé son mail sur un vieux site et on lui a envoyé un lien Soundcloud de notre premier album. Contre toute attente, il nous a répondu le lendemain. On s'est retrouvé comme des cons à se dire "merde, il a dit oui, il faut assurer maintenant".

Vous éloigner de l'indiepop de vos débuts, était-ce volontaire ?

AP : Oui, on ne voulait absolument pas faire un Regarde Le Ciel bis.

RG : Et puis il y a eu tellement de groupes qui ont surfé sur ce genre ces dernières années. Je pense à Veronica Falls, Seapony, Motorama... C'est bien, mais ça tourne un peu en rond. L'idée était de faire de la musique pop au sens plus large.

AP : On n'a pas envie de faire de la musique pour des niches. On préfère faire de la musique populaire.

Qu'elles soient mélancoliques ou légères, vos chansons sont toujours rythmées. Est-ce le but premier d'Aline de faire danser ?

AP : C'est très important, en effet. On commence toujours nos morceaux par la rythmique. C'est bien d'avoir ce contraste avec des paroles parfois tristes.

RG : C'est un mouvement, mais c'est aussi l'énergie du désespoir. Un peu comme se dire "La vie est une salope, alors dansons pour oublier qu'on va tous crever". Et puis, la mélancolie ne doit pas nous autoriser n'importe quoi. C'est aussi une sorte de politesse et de pudeur que de ne pas chouiner et se morfondre.

À vos débuts, on vous a souvent comparé à d'autres artistes de la nouvelle scène "french pop". Quel regard portez-vous sur cette "scène" aujourd'hui ?

AP : C'est un courant qui nous a aidé à nous tirer vers le haut car quand on parlait de La Femme, on parlait d'Aline, quand on parlait de Lescop, on parlait d'Aline... Mais on s'est vite dit que c'était un piège et qu'il fallait en sortir. Ce qu'on a essayé de faire avec ce deuxième album.

RG : C'est vrai qu'il y a eu cette idée commune de gens qui ne se connaissent pas et tout à coup se mettent à vouloir faire la même chose un peu partout. Ça faisait longtemps qu'on n'avait pas eu ce foisonnement en France et ça fait du bien. Maintenant, on vient de sortir notre deuxième album, ce qui n'est pas encore le cas pour la plupart de ces groupes. J'ai donc hâte d'entendre ce qu'ils vont proposer, mais la comparaison n'est plus forcément d'actualité.

 
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