DIIV : 3 bonnes raisons d'écouter "Is The Is Are"

DIIV : 3 bonnes raisons d'écouter "Is The Is Are"©Sandy Kim, DR
A lire aussi

Sébastien Jenvrin, publié le 5 février

Après un premier album acclamé par la critique, Oshin (2012), puis la toxique descente aux enfers de son leader, le groupe de Brooklyn refait surface avec un double-album de pop noisy.

1. Parce qu'il raconte une histoire de rédemption

Le leader Zachary Cole Smith le répète à longueur d'interviews : l'enregistrement d'Is The Is Are, deuxième album de DIIV, lui a sauvé la vie. Aussi sincère que possible, ce disque est le fruit d'une rédemption amorcée fin 2013. A l'époque, le New-Yorkais, qui a déjà marqué des points avec un premier essai prometteur, Oshin (2012), se remet difficilement d'une série d'emmerdes : addiction à l'héroïne, propos polémiques de son bassiste et surtout une arrestation avec sa petite amie, Sky Ferreira, qui fait le bonheur des tabloïds. Entachée par l'affaire, la chanteuse demande à son boyfriend d'entamer une désintox. Le jeune homme trouvera son salut en écrivant pas moins de 300 titres - Is The Is Are en contient 17 -, seul exutoire possible à sa terrible addiction, qu'il raconte ici par le menu : "La première prise. La descente. La chute. Le sevrage."

2. Parce qu'il est truffé de références nineties

Enfant des années 1990, Zachary Cole Smith se rêve secrètement en héritier de River Phoenix et de Kurt Cobain (DIIV s'est d'abord appelé Dive, en hommage à la chanson de Nirvana). Le New-Yorkais partage avec ces figures tutélaires un certain charisme, visage angélique caché derrière une tignasse blonde, le corps maigre noyé dans des vêtements trop amples. Des atours qui ont déjà attiré le regard du photographe attitré de Saint Laurent, Hedi Slimane. Mais au-delà du look débraillé et des postures iconiques, il incarne comme ses idoles un certain mal-être post-adolescent. Musicalement, cela se transcrit par des chansons pop tendues entre la dream-pop de Wild Nothing (autre étendard du label Captured Tracks) et le noisy-rock de Sonic Youth. L'influence de ce dernier est flagrante sur plusieurs morceaux de l'album, de la ballade venimeuse Blue Boredom (où Sky Ferreira, en featuring, chante comme Kim Gordon sur Kool Thing) au tubesque Dopamine.

3. Parce qu'il n'y a (presque) que des tubes potentiels

Genre plus habitué aux EP qu'aux doubles albums, l'indiepop tient désormais son Blonde on Blonde (Bob Dylan) - ou plutôt son Daydream Nation (Sonic Youth). Et pour cause, pas un seul déchet n'est à déplorer au cours des 63 minutes 20 qui composent Is The Is Are. Mieux, nombreux sont les titres qui mériteraient une sortie single, que l'on pense à la tornade Under the Sun et ses guitares cristallines, au sulfureux Mire (Grant's Song) et ses larsens incisifs ou encore au somptueux Waste of Breath et ses clins d'oeil au The Cure de Disintegration. Is The Is Are est de ces albums aux multiples facettes, tantôt solaire, embrumé ou crépusculaire. Quelques interludes instrumentaux font parfois office de transition, comme ce (Fuck) lancé avant un magnifique Healthy Moon et ses entrelacs de guitares claires comme de l'eau de roche, qui se termine sur des notes de piano bleutées. On a beau chercher, il n'y a absolument rien à jeter dans ce grand disque, qui finira à coup sûr dans de nombreux classements de fin d'année.

 
0 commentaire - DIIV : 3 bonnes raisons d'écouter "Is The Is Are"
  • avatar
    [=pseudo.pseudo] -

    [=reaction.title]

    [=reaction.text]

avatar
[=pseudo.pseudo] -

[=reaction.text]