Coldplay : que vaut "A Head Full of Dreams" ?

Coldplay : que vaut "A Head Full of Dreams" ?©Julia Kennedy, DR
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Sébastien Jenvrin, publié le 4 décembre

Après plusieurs jours de teasing, l'événement discographique de cette fin d'année, A Head Full of Dreams, sort aujourd'hui. Verdict ? Ce nouveau Coldplay confirme le désir de changement amorcé sur le prédécesseur Ghost Stories (2014), au risque de s'éparpiller.

Sorti ce vendredi 4 décembre, le septième album de Coldplay avait été annoncé par Chris Martin comme "la fin d'un cycle". C'est effectivement une sorte de bilan auquel se sont pliés les quatre Britanniques, condensant en onze titres plus de quinze ans de carrière. Des ballades au piano de leurs deux premiers essais, les Londoniens en ont tiré un titre emblématique, malheureusement réducteur. Intitulé Everglow, ce slow un peu mièvre a été écrit par Gwyneth Paltrow - si l'on tend l'oreille, on peut aussi l'entendre chantonner sur les choeurs - et évoque la relation amoureuse passée entre l'actrice et le chanteur Chris Martin. Autre ballade romantique, Amazing Day devrait ravir les fans de la première heure qui sont tombés sous le charme de Coldplay un jour de 2000, en cherchant un quelconque héritier de Radiohead.

Hormis ces deux titres, ainsi que l'interlude Kaleidoscope - lequel sample un discours de Barack Obama récitant le chant chrétien Amazing Grace lors des funérailles d'une victime de la tuerie de Charleston -, l'album est plutôt festif et aérien. A commencer par la chanson-titre, qui sert d'ouverture et dont l'entrain disco-pop rappelle davantage les dernières heures du groupe. Enregistré entre Malibu, Los Angeles et Londres, et produit par Stargate, collectif habitué à pondre des tubes en série pour Beyoncé et Rihanna, A Head Full of Dreams regorge d'hymnes taillés pour les stades. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si le groupe a été sélectionné pour assurer les festivités du prochain Super Bowl, qui se tiendra aux États-Unis en février 2016.

Parmi ces hymnes pompiers, il y a bien sûr le single Adventure of a Lifetime, construit autour d'une boucle de guitare hypnotique et d'une rythmique entraînante évoquant une version ultra mainstream du Lisztomania de Phoenix. D'ailleurs, l'ombre du tube des Versaillais plane également sur Birds qui rappelle également l'introduction du Close to Me de The Cure. L'autre tube calibré pour les charts de cet album est sans conteste le duo avec Beyoncé, Hymn for the Weekend qui, comme l'annonce son titre, n'a d'autre ambition que d'être entonner par une foule en liesse. Ce morceau aux reflets R&B ouvre de nouveaux horizons, que confirment les élans hip-hop d'Army of One. Le final Up & Up condense les influences diverses sous la forme d'un feu d'artifice pop multicolore, bancal et maladroit.

En résumé, s'il faut bien reconnaître un certain talent pour fabriquer des mélodies entêtantes et des rythmes dansants, Coldplay s'est peut-être un peu perdu dans un trop-plein de styles et d'ambiances variés. Ce qui ne devrait pas empêcher le groupe de vendre des albums par palettes entières.

 
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