Blood Orange : 3 bonnes raisons d'écouter "Freetown Sound"

Blood Orange : 3 bonnes raisons d'écouter "Freetown Sound"©Michael Lavine, DR
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Sébastien Jenvrin, publié le 1 juillet

Autobiographique et engagé, le troisième album de Blood Orange est paru avec trois jours d'avance, ce mardi 28 juin. Une belle surprise pour ce disque foisonnant à classer entre Paul's Boutique des Beastie Boys et To Pimp a Butterfly de Kendrick Lamar.

1. Pour le côté engagé

"C'est un album qui parle de ma vie, de mon éducation, du fait d'être noir en Angleterre, d'être noir aux Etats-Unis", déclarait récemment Devonté Hynes, alias Blood Orange, dans un communiqué de presse. Freetown Sound, dont le titre est inspiré de la capitale de Sierra Leone, d'où son père est originaire, évoque à travers le parcours de ce New-Yorkais d'adoption les thèmes de la religion (Augustine), du racisme (Hands Up) et du féminisme (By Ourselves). Comme si l'artiste de 30 ans avait subi une prise de conscience de ses origines, forcé par les violences subies ces derniers temps par la communauté afro-américaine. Après les singles Do You See My Skin Through the Flames? (2015) et Sandra's Smile (2015), Hynes continue de défendre la cause noire, et des minorités en général, animé par le même esprit que Kendrick Lamar sur To Pimp a Butterfly (2015).

2. Pour ses nombreuses voix féminines

Outre Blood Orange, Dev Hynes a écrit, composé et produit de nombreux morceaux pour d'autres artistes (Solange Knowles, Carly Rae Jepsen, Sky Ferreira, etc.). Principalement des femmes. Ce n'est donc pas un hasard si plusieurs voix féminines s'expriment sur ce disque. Freetown Sound commence par un sample de discours de la poétesse Ashlee Haze sur le féminisme, avant d'accueillir la chanteuse Ava Raiin sur le single Augustine. Plus loin, sur le rythmé Best to You, c'est Lorely Rodriguez, du groupe Empress Of, qui prête son joli timbre. Le très disco-funk E.V.P. accueille au micro Debbie Harry (Blondie), tandis que Nelly Furtado chante sur Hadron Collider et Carly Rae Jepsen sur Better Than Me.

3. Pour sa richesse stylistique

Ne cherchez pas de tube sur Freetown Sound, il n'y en a pas. Voici un disque qui s'écoute comme une mixtape de hip-hop, où les morceaux, les interludes et les samples s'enchaînent et s'articulent avec une fluidité déconcertante, à l'image de Paul's Boutique (1989), le chef-d'oeuvre des Beastie Boys. L'album échappe également aux étiquettes. Il ressemble à une mosaïque de sons, évoluant entre pop, jazz, r'n'b, disco-funk, gospel et house. Si l'esthétique de l'ensemble évoque clairement les eighties -sans que le disque ne sonne kitsch-, Freetown Sound est un album ancré dans son époque. Une époque où les oeuvres aussi riches et profondes se comptent sur les doigts d'une main.

 
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