Algiers : qui est ce nouveau trio entre post-punk et gospel ?

Algiers : qui est ce nouveau trio entre post-punk et gospel ?©Matador, DR
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Sébastien Jenvrin, publié le 18 juin

Tout droit venu d'Atlanta, au Sud des Etats-Unis, ce jeune groupe souffle sur la braise du rock indé américain avec des chansons en forme d'incantations. Résultat ? Un ensorcelant premier album.

Franklin James Fisher (chant), Ryan Mahan (basse) et Lee Tesche (guitare) ont tous grandi à Atlanta (Géorgie), avant de suivre des chemins différents au moment de leurs études, voguant entre l'Angleterre, Paris et New York. Tous les trois s'occupent des percussions et des programmations rythmiques, qui guident leur premier album obscur et envoûtant. Il suffit d'entendre les premières secondes du morceau d'ouverture Remains pour succomber sous le charme sépulcral d'Algiers. Des claps et tambourinements laissent place à des chants d'esclaves sur lesquels se pose le timbre soul et rageur de Franklin James Fisher. Dans une interview à Rock & Folk, ce dernier explique la démarche du trio, qui se démarque de celle de ses contemporains : "Je trouve qu'aujourd'hui, la musique est bien trop prévisible. Quand les mecs chantent, on ne dirait plus des Humains mais des putains de machines. Notre approche des sons, du bruit, est militante, sans aucun doute. Les aspérités, c'est notre truc..."

Une ferveur soul et gospel qui traverse de bout en bout le premier album d'Algiers. Elle est d'ailleurs décuplée par une énergie post-punk. Le trio ne se contente pas de creuser le sillon de la musique noire du Sud des Etats-Unis, il la violente à grands coups de boîtes à rythmes pour en extraire la moelle contestataire et militante. "On est sans le moindre doute influencés par la tradition politique radicale, qu'elle soit française, américaine ou autre. Dans le Sud, l'histoire du mouvement des droits civiques a été quelque chose de très fort... Bien sûr, ces combats n'appartiennent pas à notre génération mais ça ne nous empêche pas de lire Frantz Fanon, Sartre...", explique le bassiste Ryan Mahan. Les influences d'Algiers - qui doit son nom au film La Bataille d'Alger (1966) - sont autant à chercher du côté de The Five Blind Boys Of Alabama, Suicide que de Jacques Derrida, qu'il cite dans ses chansons.

 
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